mardi 22 mai 2018

IL FAIT TOUT A MERVEILLE



Marc 7.37 "Ils étaient dans le plus grand étonnement, et disaient : Il fait tout à merveille ; même il fait entendre les sourds, et parler les muets."

Introduction
Alors qu'on amena à Jésus un sourd qui avait de la difficulté à parler, et on le pria de lui imposer les mains. Jésus se mit à part loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa propre salive. (Jésus utilise le langage des signes…)

Puis, levant les yeux au ciel, il soupira, et dit : "Ephphatha", c’est-à-dire, ouvre-toi.

La Bible nous relate qu'aussitôt les oreilles de cette personne s’ouvrirent, sa langue se délia, et il parla très bien.

A la vue d'un tel miracle, les gens présents furent dans le plus grand étonnement, et dirent :
"Il fait tout à merveille ; même il fait entendre les sourds, et parler les muets."

A la lecture de ce passage de l'évangile de Marc, nous pourrions nous questionner sur une telle déclaration en rapport de notre propre vie…

La question serait alors : Jésus fait-il tout à merveille dans ma vie…?

Cette question a de quoi nous faire réfléchir…surtout lorsque nous constatons que les choses ne vont pas forcement comme nous le voudrions.

Comment dire : Il fait tout à merveille, alors que j'ai ce sentiment que parfois Dieu ne fait pas…?

Devons-nous essentiellement prononcer une telle affirmation lorsque tout va bien, ou suite à tel ou tel exhaussement dans notre vie…?
Le Seigneur ne fait-il pas aussi tout à merveille, quand tout ne va pas comme nous le voudrions…?

Une telle déclaration deviendrait alors comme un acte de foi et une proclamation de qui est réellement Jésus pour nous.

En y réfléchissant bien, n'est-ce pas même une position de foi à prendre avant d'espérer recevoir un miracle…? 

Nous vivons dans une époque où la capacité d'émerveillement est grandement atténuée, asséchée.
La science et tous ses développements ont relativisé toutes choses en nous.

L'évolution technologique nous laisse penser que finalement plus rien n'est véritablement impossible pour autant que nous mettions les moyens et parvenions à patienter le temps que les recherches finissent par aboutir. Nous vivons dans une époque d'incroyables banalisations..!

La science est donc érigée, dans la pensée collective, en une véritable déesse, et chacun se tourne vers elle lorsqu'il est confronté à des difficultés insurmontables.

Plus généralement, nous vivons quotidiennement et de plus en plus en totale dépendance avec les technologies qui nous entourent, à nous poser cette question: mais comment faisions-nous avant..?     
Mais existe-t-il encore sur terre des individus capables d'émerveillement…? 

Il n'y a plus, sans doute, que les jeunes bébés, qui conservent encore une véritable forme d'émerveillement. Aussi, ils se fascinent de tout et sont captivés par tout, comme autant de surprenantes découvertes, au fur et à mesure qu'ils prennent connaissance du monde qui les entoure.

Mais bien vite, le jeune enfant passe de l'émerveillement à la lassitude d'une vie qui ne le transcende plus comme il en est d'une personne blasée.
Cet enfant qui s'arrêtait sur tout, étant totalement subjugué, ne s'arrête plus sur rien.
L'habitude et les inquiétudes liées à la vie moderne ont finalement rendu insipide et presque invisible tout ce monde qui nous entoure, et nous le parcourons sans que rien ne nous bouleverse plus réellement.

Obsédés par l'ambition de "devenir", nous passons à côté de ce que nous sommes réellement…!
Nous nous sclérosons à l'intérieur de nos urgences, étant totalement absorbés par la vie et tous les impératifs que nous nous imposons pour espérer élargir nos possessions comme autant de symboles de notre réussite, comme s'élargissent les écrans de nos téléviseurs, au travers desquels nous nous efforçons de découvrir le monde sans jamais véritablement le parcourir.

Aussi peu à peu nous devenons imperméables aux beautés imprévisibles qui s’offrent à nous, et nous vivons finalement tels des zombies parcourant le monde, sans réellement le voir.
De plus en plus insensibles, nous dénonçons la sensibilité comme une tare qui nous disqualifie dans un monde où il est souhaitable d'être dur pour pouvoir espérer triompher!

C'est pourquoi en grandissant, nous sommes formés à échanger peu à peu notre capacité d’émerveillement contre la capacité de comprendre, d’affronter, d’essayer de maîtriser le monde dans lequel nous évoluons. Nous sommes alors saturés de méthodes, de formules, de procédés et de concepts, comme autant d'outils mis à notre disposition pour parvenir à contrôler notre monde, qui d'un autre côté, devient de plus en plus incontrôlable. 

Pour supporter l’âpreté et les rudesses inouïes de l’existence, nous choisissons l’idéalisme qui est une manière d’intellectualiser le rationnel, en réduisant la réalité à un concept ou nous optons pour le matérialisme qui n'est que le contre-pied triste et tragique de l’idéalisme, et dont l'objectif n'est que de démentir toute explication intellectuelle.

Le monde se fractionne donc en deux parties distinctes, les rêveurs idéalistes et les prosaïques matérialistes. 


1. Un retour à l'émerveillement.
Comprenons que la foi chrétienne nous propose une autre voie qui est celle de l'émerveillement c’est-à-dire un retour à notre véritable humanité.

Jésus déclara dans Matthieu 18.3 "Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux."
Et dans Marc 10.14, il ajouta "Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent." 

Dans ces deux passages des évangiles, Jésus met cette capacité de l'enfant à s'émerveiller, et la nécessité de retrouver l'émerveillement, pour entrer dans le Royaume des cieux.


Mais qu'est-ce que s'émerveiller..? 
C'est d'un côté être frappé d'étonnement et de l'autre d'admiration.
Seulement si l’étonnement implique parfois une certaine mise à distance de l’objet, l’émerveillement nous pousse à nous en rapprocher pour mieux nous en délecter.

S’émerveiller, c’est aussi accepter de ne pas tout comprendre et laisser les choses s’éclairer plutôt que vouloir sans cesse les expliquer.

Un tel mot et sa définition nous donnent de réaliser combien l'émerveillement est une des composantes essentielles de la foi chrétienne pour nous permettre de nous tenir devant un Dieu aussi merveilleux que le nôtre.

S'émerveiller, c'est accepter d'être une simple créature aux pieds du Créateur.
C'est se replacer là, où nous devrions être, à une place d'où nous l'on n'aurait jamais dû bouger. S'émerveiller c'est retourner dans le jardin et se satisfaire de la présence divine au sein de la création. S'émerveiller c'est voir sans chercher autre chose que de recevoir dont la définition du terme est d'accepter quelqu'un ou de laisser entrer quelqu'un.

Combien ont pratiquement perdu toutes notions d'émerveillement..?

Êtes-vous encore émerveillés par Dieu…ou êtes-vous dans ces positions excentrées que sont l'idéalisme ou le matérialisme…?
  
Qu'est-ce qui empêche l'homme d'adorer Dieu et de l'admirer…? 
Qu'est-ce qui freine votre adoration personnelle…?
Quelles inquiétudes viennent vous ravir le prix de votre louange…?

Tandis que Job, cet homme de l'Ancien Testament passait par un bouleversement effroyable, une terrible série d'épreuves, Elihu lui dans Job 37.16 "Comprends-tu le balancement des nuées, les merveilles de celui dont la science est parfaite ?"

Job parlait de Dieu dans sa souffrance et dans son dénuement et en cherchant un sens à son histoire, en cherchant à tout comprendre, il s'éloignait des véritables considérations auxquelles il aurait dû rester attaché.

Ce livre de Job nous enseigne que si beaucoup de gens parlent de Dieu, en réalité, beaucoup aussi en parlent très mal.

Il est dit de Job qu'il était intègre, droit, qu'il craignait Dieu, et se détournait du mal.
Pourtant, à la fin du livre, Job déclara (Job 42.3) "Oui, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas."

Le mot merveille en hébreux se dit "pala’"  (אלפ), il se traduit par : étonnant, prodige, accomplissement, admirable, magnifique, miracle, au-dessus, séparé par une action distinguée.

Job avait laissé sa souffrance s'exprimer et les mots qu'il employa sous formes de sentences n'étaient en réalité que le témoignage de sa méconnaissance. 

Nous devons être particulièrement humbles en ce qui concerne Dieu, et ne croyons pas qu'il suffise d'être droit et intègre, de vivre dans la crainte de Dieu en se détournant du mal, pour avoir une juste compréhension des merveilles définissant Dieu ainsi que ses actions.

Ce que nous savons de Dieu, n'est que ce qu'il a bien voulu nous révéler de lui, et ce que nous en avons compris. Aussi, gardons-nous de tout orgueil et permettons à Dieu, d'être bien au-delà de ce que nous parvenons à concevoir.

C'est ainsi que la foi, nous permet de rejoindre Dieu, non en nous introduisant dans le terrain de notre raison, mais uniquement dans celui de la révélation. Un terrain où notre raison perd pieds, lâche du lest, et finit par se conformer en se reconnaissant totalement dépassée.

"La foi en Christ produit dans le cœur un tel émerveillement qu'elle nous permet de transcender toutes les difficultés qu'elle génère. Comprenons que sans la foi en Christ, il n'y a pas de dépassement de soi et sans l'émerveillement qu'elle suscite, nos difficultés deviennent essentiellement des obstacles insurmontables au lieu d'être des tremplins propulseurs."


2. S'émerveiller c'est vivre selon Dieu.

Socrate disait que "La sagesse commence dans l’émerveillement."  
Sans doute le philosophe comprenait-il à quoi accédait l'émerveillement pour celui qui savait y entrer…mais avait-il expérimenté quelle révélation s'ouvre à nous lorsque notre émerveillement se porte sur Dieu…? 

De son côté Charles Spurgeon écrivait "Que votre âme se perde en un étonnement émerveillé, car l’étonnement est dans ce sens une émotion très concrète. 
Un saint étonnement vous conduira à une adoration emplie de gratitude et à une reconnaissance du cœur. Il vous poussera à veiller pieusement sur vous-même. 
Vous craindrez de pécher contre un amour tel que celui-ci. 
Le sentiment de la présence du Dieu tout-puissant dans le don de son Fils bien-aimé vous amènera à ôter les sandales de vos pieds, car vous considérerez le sol sur lequel vous vous tenez comme une terre sainte. Vous serez poussé aussi vers une glorieuse espérance. 
Si Jésus a accompli des choses aussi merveilleuses pour vous, vous comprendrez que le ciel lui-même n’est pas trop haut pour y lever les regards. Qui peut s’étonner de quoi que ce soit, une fois qu’il s’est étonné devant la crèche et la croix ? Que reste-t-il d’étonnant et de merveilleux quand on a vu le Sauveur ?" 

Certainement, notre émerveillement est le meilleur témoignage que nous pouvons rendre à un Dieu si grand. Aussi, il est plus utile de déclarer la grandeur et la souveraineté de Dieu en toutes choses, que de chercher à comprendre toutes les raisons qui l'animent, par quel chemin se forment ses décisions, et tout le bienfondé qu'elles ont à nos yeux dont le manque de perspective est la principale caractéristique. 

Ce que nous connaissons de Dieu est nécessaire à notre foi, mais Dieu dépasse de loin toutes les considérations que nous pouvons nous faire le concernant, et même l'éternité ne nous sera pas suffisante, pour que nous embrassions l'infinie sagesse et grandeur de notre Dieu.

Avec Job, nous comprenons que l’épreuve, la difficulté, l’angoisse, nous privent de notre capacité d’émerveillement. Mais, d'un autre côté, ce sont elles qui nous y ramènent, aussi.

Un tel émerveillement est bien évidement le plein derrière le vide…la complétude que seul Dieu peut nous accorder. C'est lorsque l'homme s'émerveille de Dieu que son cœur se remplit, car c'est lorsqu'il adore qu'il expérimente le plus l'amour divin.

L'apôtre Paul dira dans Ephésiens 3.19  "et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu."

L’émerveillement est donc une expérience au cœur du cœur de l’humanité et je dirai même qu'elle est un besoin fondamental de l'homme.

Ainsi, s’émerveiller, c’est ouvrir ce qui était fermé et c'est accepter de se laisser remplir par ce qui nous manque réellement.

Combien de cœurs fermés et de vies privées d'émerveillements…?

Nous devons réaliser combien est importante notre capacité à nous émerveiller, mais aussi nos manques d'émerveillement parfois. A ce propos Albert Einstein disait "Un homme qui n’est plus capable de s’émerveiller a pratiquement cessé de vivre."


3. La Bible entière nous appelle à nous émerveiller.
La Bible ne cesse de rendre témoignage du Dieu merveilleux.
La Bible ne cesse au travers de ses pages d'encourager notre capacité d'émerveillement et nous pousse à proclamer combien notre Dieu est merveilleux. Elle nous incite à l'adoration et à la contemplation car c'est ainsi que nous recevons ce qui nous fait le plus défaut et que nos cœurs se remplissent de l'Esprit Saint.

Tandis que nous nous tenons dans l'adoration, les proportions augmentent, Dieu prend toute sa dimension et son amour devient incoercible tel un fleuve en crue qui s'écoule et emporte tout. Timothy Keller écrira "Craindre le Seigneur, c'est être submergé d'émerveillement devant la grandeur de Dieu et son amour."

Qui souhaite être submergé par l'amour divin…?
Qui aspire à l'émerveillement…?

Il suffit de lire quelques Psaumes pour nous donner à le réaliser combien la Bible nous enseigne que notre Dieu est merveilleux. Et l'attitude normale devant un Dieu merveilleux ne peut être que l'émerveillement…!

Psaumes 9.2 "Je louerai l’Eternel de tout mon cœur, je raconterai toutes tes merveilles."

Pour le psalmiste, la foi ne consistait pas uniquement à contempler les merveilles de Dieu, il fallait aussi les raconter..! Racontez-vous les merveilles de Dieu…?

Psaumes 40.6 "Tu as multiplié, Éternel, mon Dieu ! Tes merveilles et tes desseins en notre faveur ; nul n’est comparable à toi ; je voudrais les publier et les proclamer, mais leur nombre est trop grand pour que je les raconte."

Qui sont ceux qui reconnaissent combien Dieu fait toutes choses à merveilles…?
Qu'ils les publient et les proclament…!

Psaumes 139.6 "Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, elle est trop élevée pour que je puisse la saisir."

Oui, les merveilles de Dieu nous dépassent, mais c'est précisément pour cela qu'on les appelle merveilles et que Dieu est un Dieu merveilleux producteur ou créateur de merveilles…!

En tout temps, il y a eu des hommes et des femmes dont la vie entière n'a cessé de proclamer combien Dieu est merveilleux. Mais, il y en a aussi qui ont repoussé ou mis en oubli les merveilles de Dieu.
Dans le livre de Néhémie 9.16-17, nous lisons "Mais nos pères se livrèrent à l’orgueil et raidirent leur cou. Ils n’écoutèrent point tes commandements, ils refusèrent d’obéir, et ils mirent en oubli les merveilles que tu avais faites en leur faveur. Ils raidirent leur cou ; et, dans leur rébellion, ils se donnèrent un chef pour retourner à leur servitude."

Dans ce passage sont énumérées les attitudes qui conduisent à la mise en oubli ou au déni des merveilles de Dieu. Ainsi, l'orgueil, le refus d'obéir et la rébellion en sont les points principaux. Pire que tout, la fin du passage nous enseigne que toutes ces choses nous conduisent à la véritable servitude car entre l'idéalisme et le matérialisme, il n'est pas difficile de comprendre comment peut prendre place une véritable servitude….!

S'émerveiller, permet de s'émanciper de tout esclavage pour enfin connaitre la vraie liberté.
L'émerveillement nous fait entrer dans la présence de l'Esprit dont l'apôtre Paul dira dans
2 Corinthiens 3.17 "Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté." 


4. Les prédispositions à l'émerveillement. 
L’émerveillement, c’est donc laisser entrer l’extraordinaire dans le traintrain de notre quotidien. Encore faut-il le vouloir et c’est là que les choses se compliquent car un tel état d’esprit suppose:

1. De ne pas chercher à tout contrôler.
2. De ne pas vouloir tout prévoir, d’admettre l’inattendu, l’imprévu, de se laisser surprendre.
3. D’être capable d’humilité.
4. D’être présent à ce qui se passe, réellement attentif et à l’écoute.
5. D’accepter d’être changé.

Dans un monde de désespérance la foi chrétienne renoue avec l'espoir qui nous conduit dans l'émerveillement. Ainsi, quand je retrouve la capacité de m’émerveiller, c’est ma raison qui bascule. Tandis que je confronte l’extraordinaire, si je cherche à restaurer une logique dans mon saisissement, je tue l’émerveillement. Il y a donc ouverture à l’émerveillement quand je peux  accepter que la raison échoue à tout expliquer.

Le philosophe Paul Ricoeur dira que "l’homme moderne aurait besoin de trouver une naïveté seconde : malgré notre tentation de tout organiser, tout planifier, tout maîtriser, garder cette capacité de s’étonner de ce qui advient sans qu’on l’attende, s’étonner de ce qui surgit dans notre histoire comme une grâce, un don inattendu."

Êtes-vous capable de vous étonner encore, de retrouver cette naïveté…?

L’émerveillement devant Dieu, c’est ce qui donne du sens à notre monde.

Bien sûr, dans la vie, il y a des difficultés à traverser, des épreuves à affronter.
Mais, avant toute chose, la vie est bonne!
Dieu lui-même l'a dit dans Genèse 1.31 "Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon." 

Pourquoi devrions-nous douter de ce que Dieu a dit..? 
Vivre dans l'émerveillement, c'est donner sens à cette déclaration de Dieu!

Avant toute chose, il est magnifique que nous soyons là !
Et, s'il est difficile à certains moments de nos vies de ce dire que tout est merveilleux, il convient de retrouver nos racines ou les sources de notre existence.
En Dieu, nous retrouvons notre capacité d'émerveillement, nous oublions les choses désagréables, offusquantes, blessantes. Nous sortons de l'âpreté de la vie pour goûter à la douce communion de Dieu aimant.
   
L'homme ayant perdu la connaissance de Dieu a perdu la connaissance de lui-même, de ce qu'il était. N'est-ce pas le constat que nous faisons en consultant tous les psys..? 
Comprenons que si nous luttons contre le mal qui existe à l’intérieur du monde et de nous-mêmes, c’est parce que, quelque part, nous avons en nous ce souvenir de l’émerveillement.

Saint Augustin a dit "Si tu ne te souvenais pas de ton bonheur, tu ne te souviendrais pas de toi-même."


5. Tout part du commencement.
Nous sommes ici invités à nous replonger dans le récit de la création du livre de la Genèse qui annonce clairement que d’abord, il y a un Dieu. On ne vient pas de rien.
On vient d’une volonté qui veut que le monde soit et d’un Dieu qui se réjouit que le monde soit.
Il y a quelque chose de magnifique qui veut que la joie se perpétue. Vivre, c’est célébrer l’existence ! C'est la magnifier et s'en émerveiller !

G.K.Chesterton a dit "Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais par manque d'émerveillement" 

La responsabilité de l’Émerveillement est donc de notre côté…!

Oui le Seigneur fait tout à merveille, c'est pourquoi le prophète Esaïe témoignera prophétiquement de lui dans Esaïe 9.5 "Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix."

Quelle attitude avoir devant celui dont il est dit qu'il est admirable…?
L'EMERVEILLEMENT…L'ADORATION! Voilà la seule attitude qui convienne!

Certains à ce stade se diront simplement mais en suis-je réellement digne…?
Ils rechercheront en eux les raisons de l'impossibilité et ils finiront par les trouver sans trop chercher, tant elles sont nombreuses…!

Comprenons que l'émerveillement n'est pas le résultat d'une dignité humaine ou le fruit de nos mérites mais d'une volonté de Dieu qui n'a pas créé l'homme pour autre chose que l'adoration, c’est-à-dire l'émerveillement…!

Jean 4.23 "Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi."

Charles Haddon Spurgeon a écrit que "L'émerveillement devant l'amour miséricordieux de Dieu est une émotion très pratique, la sainte merveille vous conduira à un culte reconnaissant et à une action de grâce sincère, causera en vous une vigilance pieuse, vous aurez peur de pécher contre un tel amour." 

Spurgeon nous aide à comprendre que le véritable culte n'est que le résultat de l'émerveillement devant l'amour de Dieu qui nous conduit dans la sainteté car il y a en réalité un lien profond qui unie les deux. Ce n'est pas la sainteté qui nous conduit à Dieu comme un présupposé avant de parvenir à recevoir l'amour de Dieu, c'est tout le contraire….!
C'est l'amour de Dieu qui nous conduit à la sainteté..!

A ce propos JI Packer a dit "La vie de la vraie sainteté est enracinée dans le sol de l'adoration émerveillée" 

Là où nous en sommes, avançons-nous dans l'adoration qui nécessite l'engagement de notre personne entière pour nous tenir dans l'émerveillement en face de celui qui s'est donné entièrement pour nous. L'adoration ne tolère pas la demi-mesure ou un engagement parcellaire. Elle réclame tout de nous, ce que nous sommes et ce que nous avons, car il est impossible d'adorer le Dieu qui donne, tout en s'efforçant de tout conserver!

6. Conclusion.
A cette époque de l'année, nous nous rapprochons de la fête de la Pentecôte où suite à la résurrection et l'ascension le Saint Esprit vint sur les croyants en les remplissant.
Des langues de feu se posèrent sur chacun d'eux et ils se mirent à parler en d'autres langues. 

Actes 2.8-12 "Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ? Parthes, Mèdes, Elamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l’Egypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ? Ils étaient tous dans l’étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres : Que veut dire ceci ?"

La pentecôte, cette fête à laquelle nos églises sont si attachées, célèbre bien plus qu'une expérience extatique ou mystique, une sorte de dons extraordinaires qui feraient des nous des gens tout aussi extraordinaires….!

Cette fête vise avant tout la célébration des merveilles de Dieu dans toutes les langues en répondant à la malédiction de Babel et ses ambitions humanistes et où la confusion régna au milieu des hommes qui ne parvenaient plus à se comprendre.

A la Pentecôte, l'Esprit-Saint ramène les hommes dans l'unité de l'Esprit afin qu'ils proclament ensemble les merveilles de Dieu. Ce qui séparait précédemment ne sépare plus, quand d'une position de défit et de dépendance vis-à-vis de Dieu, les hommes se tiennent à nouveau dans une position de dépendance.   

Alors pourquoi ne pas déclarer avec David cette parole du Psaume 139.14 (Bible de l'Epée) "Je te loue de ce que j’ai été fait d’une manière si incompréhensible et admirable; tes œuvres sont merveilleuses, et mon âme le sait très bien."

Dans Marc 7.31-35 "Jésus quitta le territoire de Tyr, et revint par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant le pays de la Décapole. On lui amena un sourd, qui avait de la difficulté à parler, et on le pria de lui imposer les mains. Il le prit à part loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa propre salive ; puis, levant les yeux au ciel, il soupira, et dit : Ephphatha, c’est-à-dire, ouvre-toi. Aussitôt ses oreilles s’ouvrirent, sa langue se délia, et il parla très bien." 

Ce jour-là, du côté de la mer de Galilée, le miracle de Jésus fut un miracle d'ouverture qui suscita l'émerveillement. Je prie pour qu'aujourd'hui des oreilles s'ouvrent et que des langues se délient afin de faire connaitre à tous qui est véritablement le Dieu merveilleux que nous servons.

Psaumes 119.18 "Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi !"

(Message partagé lors du culte du dimanche 06 Mai 2018)
Pasteur Xavier LAVIE 
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