mardi 21 décembre 2010

Le roseau

Matthieu 12/18 à 21: "Voici mon serviteur que j’ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n’éteindra point le lumignon qui fume, Jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice. Et les nations espéreront en son nom."


Introduction:
N'est-ce pas là un des merveilleux passages qui nous décrit si bien le ministère du Christ au milieu des hommes?
La citation du  42ème chapitre du prophète Esaïe au moment de l'exercice du ministère de guérison de Jésus-Christ est pour nous, aujourd'hui encore, une révélation dont la portée est sans limite.
Jésus est celui que nous attendions...
Dans sa douceur et dans l'expression de son amour qui nous dépasse et qui nous comble, nous avons tout reçu.
Il est pour chacun de nous celui aux yeux duquel nous comptons le plus...
Tout ce que nous vivons, nous traversons, nous endurons ne laisse pas le Seigneur indifférent. Bien au contraire son ministère est entièrement tourné en notre faveur.
Comment ne pas espérer après celui dont il est dit que le but ultime est de faire triompher la justice. 
Mais que sommes nous à ses yeux pour susciter autant d'intérêt?
Pour qu'il accepte de se dépouiller lui-même en prenant une forme de serviteur et en devenant semblable aux hommes. Existant en forme de Dieu, il n’a point regardé son égalité avec Dieu comme une proie à arracher, mais il a paru comme un vrai homme et  il s’est humilié lui-même en se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. (Philippiens 2)
Avons-nous tellement d'importance au point que Dieu élabore un plan de sauvetage dont le prix à payer fut le sacrifice de son propre fils?
Dans ces versets de Matthieu 12 nous sommes définis et décrits par l'image d'un simple roseau cassé et d'un lumignon fumant.
Qu'est-ce que la vie d'un homme?
Nous ne sommes que faiblesses, fragilités, inconstances et notre vie n'est qu'une vanité lorsqu'elle est vécue loin de Dieu.
Nous courons après la satisfaction de nos désirs et lorsque nous atteignons l'objet tant convoité nous sommes toujours aussi insatisfaits.
Rien dans ce monde ne peut combler et remplir nos cœurs. Notre destinée c'est d'être à la poursuite d'une chose dont nous savons pertinemment qu'elle ne contentera jamais nos vies.     
Ce que nous appelons "poursuite", Dieu l'appelle "fuite".
Nous croyons poursuivre des buts mais en réalité nous fuyons Dieu!
Pourtant la seule source qui puisse nous remplir de façon constante c'est celle qui coule librement du cœur de Dieu.
Romains 15/13: "Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint-Esprit!"

Vous voyez-vous parfois comme un simple roseau?
L'image qu'il représente vous convient-elle?

1) Ma vie semblable à un roseau.
Le roseau est une plante qui pousse dans les marécages, dans les zones humides et plus particulièrement dans les eaux stagnantes, dormantes et saumâtres.
N'est-ce pas là une définition de l'endroit dans lequel nous évoluons?
Bildad de Schuach, pour expliquer à Job la réalité de la fragilité de la vie et les conséquences que produit sur nous l'environnement dans lequel nous évoluons dira: Job 8/11à 12: "Le jonc croît-il sans marais? Le roseau croît-il sans humidité? Encore vert et sans qu’on le coupe, Il sèche plus vite que toutes les herbes. Ainsi arrive-t-il à tous ceux qui oublient Dieu, Et l’espérance de l’impie périra."
Oui nous sommes comme un roseau qui tire du marais tout ce dont il pense avoir besoin.
C'est au cœur d'un bourbier que l'homme puise sa subsistance. Il se désaltère d'une eau croupissante et nauséabonde. Il plante ses racines dans un sol sans consistance ce qui le force à se plier à tous les vents pour ne pas être déraciné.
Mais en réalité tous ces efforts ne servent à rien,..., puisqu'il sèche plus vite que toutes les herbes. Alors qu'il a les pieds dans l'eau!
Celui qui oublie Dieu est comme un roseau  dont le sort est de sécher sur place!
Quel espoir peut-on placer dans un roseau avec une telle destiné?
Avez-vous déjà essayé de couper un roseau?
Il est dur à l'extérieur, mais le comble, c'est qu'il est creux à l'intérieur!
Le roseau doit alors compenser le fait d'être creux par celui d'endurcir sa périphérie.
Pas simple d'être un roseau!
Les gens les plus durs en apparences ne sont-ils pas aussi les plus creux?
Beaucoup de gens s'endurcissent, se protègent, pour éviter d'être eux même brisés...
Mais si la rigidité de l'extérieur n'est pas à prouver, le vide à l'intérieur est bien visible dès que le vent souffle. Un seul coup de vent et l'ensemble des roseaux du marais se plient dans le même sens.
Ils ne cherchent pas à résister, ils préfèrent se courber...
- L'apôtre Paul dira dans Ephésiens 4 /14 que ces gens sont comme: "des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction". Paul nous révèle dans ce verset quel est le mauvais vent qui souffle sur le marais. 
- L'apôtre Jacques lui révèle pourquoi le roseau se plie...
Jacques 1/6: "Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre."

La foi, voilà ce qui peut remplir un roseau!

Sans la foi nous sommes creux! Vides! Et même influençables au sens le plus mauvais du terme. Nous tombons dans les compromis, nous nous accommodons de toutes situations et nous tentons d'être en harmonie avec ce qui sonne faux!
Triste réalité que celle du roseau!
Malgré cela, nous constatons bien souvent que nous nous confions en lui, que nous nous appuyons sur lui. Le roseau nous laisse voir une apparence de solidité qui nous pousse à prendre appui sur lui mais comme le dit Dieu au travers du livre du prophète Esaïe 42/3: "Tu as pris pour soutien ce roseau cassé, qui pénètre et perce la main de quiconque s'appuie dessus: tel est pharaon, roi d'Egypte, pour ceux qui se confient en lui."
Oui, nous constatons que de mettre notre confiance en l'homme entraîne souvent des blessures dans nos vies. La déception et l'amertume envahissent bien des cœurs qui ont basé leur confiance sur les autres.
Jérémie 17/5: "Ainsi parle l’Eternel: Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, Qui prend la chair pour appui, Et qui détourne son coeur de l’Eternel!"     
A qui dois-je donner ma confiance?
Sur qui m'appuyer?
Sur Dieu seul!
Mais n'y a-t-il aucun moyen d'utiliser les roseaux pour m'aider?
En réalité, les roseaux peuvent avoir une grande utilité, dès l'instant où ils sont retirés du marais dans lequel ils poussent.
Il faut simplement après les avoir arrachés, les travailler afin de les rendre utiles.
Ainsi, sans passer par certaines étapes de transformations, ils ne sont qu'une herbe sans aucune valeur.




2) Les roseaux peuvent être utilisés pour certaines applications:
- Avec des roseaux on peut recouvrir le toits des maisons abritant ainsi ses habitants mais on peut aussi faire des navires. Pour cela, il faut les assembler, les lier les uns avec les autres comme le fit Jokébed  pour la petite caisse quelle confectionna et dans laquelle elle plaça Moïse, son bébé. 
Exode2/3: "Ne pouvant plus le cacher, elle prit une caisse de jonc, qu’elle enduisit de bitume et de poix; elle y mit l’enfant, et le déposa parmi les roseaux, sur le bord du fleuve."
L'oeuvre de Dieu n'est-elle pas de nous unir les uns aux autres?
De nous tisser les uns avec les autres?
Pour former une œuvre de préservation, de protection.
L'apôtre Paul déclara aux croyants d'Ephèse dans Ephésiens 4/1 à 3: "Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec amour, vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix."
- C'est aussi à partir de roseaux que l'on a fait un des ancêtres de notre papier servant à l'écriture. De ce roseau Egyptien appelé "papyrus", on retirait la moelle en forme de bandelettes que l'on collait ensemble pour en faire des feuilles sur lesquelles on pouvait écrire. Cette réalité nous renvoie au texte de Paul aux Corinthiens dans lequel il déclare:
2 Corinthiens 3/3
:"Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite par notre ministère, non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs."

Dans la Bible nous découvrons aussi qu'une sorte de roseaux était aussi utilisée pour une application bien spéciale:
Le roseau aromatique:
Exode 30/22 à 25: "L’Eternel parla à Moïse, et dit: Prends des meilleurs aromates, cinq cents sicles de myrrhe, de celle qui coule d’elle-même; la moitié, soit deux cent cinquante sicles de cinnamome aromatique, deux cent cinquante sicles de roseau aromatique, cinq cents sicles de casse, selon le sicle du sanctuaire, et un hin d’huile d’olive. Tu feras avec cela une huile pour l’onction sainte, composition de parfums selon l’art du parfumeur; ce sera l’huile pour l’onction sainte."
Nous trouvons le roseau aromatique dans la composition de l'huile d'onction pour sanctifier tout ce qui était utile pour servir dans temple à l'adoration.
N'est-ce pas encourageant de savoir que du roseau ont pouvait parvenir à tirer quelque chose de bon pour permettre l'adoration?
Jean 4/23: "Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande."
Dans le roseau aromatique, bien que toute la plante soit parfumée, on faisait l'extraction du parfum à partir de la racine. Cette racine qui plongeait profondément dans la boue était broyée pour en retirer tous ses aromes.
Quelle belle image nous pouvons en retirer...
Tout ce qui sert à l'adoration doit parvenir du plus profond de nous même. L'adoration doit venir des profondeurs de notre cœur et nous savons par expérience que l'arome excellent de l'adoration se dégage plus librement d'un cœur brisé, contri.
Psaumes 51/19: "Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé: O Dieu! Tu ne dédaignes pas un coeur brisé et contrit."
Si nous découvrons la présence du roseau dans certains passages de la Bible, est-ce étonnant de le retrouver aussi dans le moment qui est à la fois le plus intense et le plus merveilleux de la parole de Dieu?



3)  Le roseau à la croix.
Dans l'évangile de Marc est retracé la scène où Jésus va être couronné d'épines. Les soldats tressèrent une couronne de douleur à celui qui était le Roi de rois. Ils l'ont posé sur sa tête et aux versets 19 & 20 du chapitre 15, il est écrit: "Et ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et, fléchissant les genoux, ils se prosternaient devant lui. Après s’être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier." 
Dans ce passage le roseau est présent comme l'instrument de douleur pour enfoncer les épines de la couronne dans la tête du Seigneur qui est déjà tellement meurtri par la flagellation qu'il vient de subir.
Chaque coup porté enfonçait plus profondément le bout aiguisé des épines qui laissaient couler le sang sur le visage de notre Seigneur.
Fallait-il lui rappeler que c'est de nos douleurs dont il devait se charger?
Mais si le roseau a été un instrument utilisé pour faire souffrir le Seigneur Jésus nous le retrouvons aussi dans deux autres fonctions au moment de la crucifixion.
a) Un sceptre royal.
Matthieu 27/29:"Ils tressèrent une couronne d’épines, qu’ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; puis, s’agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant: Salut, roi des Juifs!"
Drôle de sceptre pour un roi!
Pour ce moquer de Jésus les soldats avait fait la parodie d'un couronnement royale.
Mais savaient-ils que derrière leurs moqueries ils utilisaient des symboles qui allaient renforcer notre foi?
Le roseau dans la main du Roi des rois n'est-il pas là comme le signe évident que le Christ désire plus que tout régner au travers de nos vies?
La faiblesse du roseau dans la main de celui qui est le Tout-puissant doit être une source de réconfort pour chacun de nous.
b) Une perche porteuse d'aigreur et d'amertume.
Matthieu 27/48: "Et aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge, qu’il remplit de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire."Dans ce passage  le roseau est encore présent.
Il n'est plus un instrument servant à faire souffrir, ni un symbole de royauté mais il est porteur d'aigreur et d'amertume.
Comme ce roseau, nous aussi nous portons bien souvent l'aigreur et l'amertume.
Les déceptions en nous même et dans les autres, les épreuves et les difficultés répétées nous rendent amers et irritables. Nous souffrons de nos incompréhensions et de chacune de nos blessures non guéries peut s'échapper une acidité dont le roseau que nous sommes devient le porteur. Tendre cette perche vers la bouche du Seigneur qui a soif,..., c'est la triste réalité de ce que nos vies apportent bien souvent au Christ.
Pour terminer,  nous découvrons dans la Bible que le roseau avait une utilité importante:


4) Un roseau pour mesurer.  
Dans le livre de l'apocalypse, nous découvrons encore le roseau dans la main du Seigneur.
Apocalypse 21/15 & 16: "Celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d’or, afin de mesurer la ville, ses portes, et sa muraille. La ville avait la forme d’un carré, et sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la ville avec le roseau, et trouva douze mille stades; la longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales."
Un détail ne vous a certainement pas échappé: le roseau est en or!
Quel changement,..., ce qui au commencement, n'était qu'une herbe de marécage va devenir dans l'éternité un instrument en or servant à mesurer. Voilà notre valeur éternelle!
Christ glorifié avec un roseau dans sa main pour mesurer la ville sainte est une des plus belles images dont le but est de nous révéler l'œuvre que le Seigneur veut faire en nous et au travers de nous.
Ce n'est pas la ville qui détermine la taille du roseau mais c'est le roseau qui sert à révéler la dimension de l'éternité dans laquelle nous devrons prendre place.
Le ciel a été fait à notre dimension parce qu'il est le refuge éternel dans lequel Dieu va nous recueillir.


5) Conclusion.
Dans cette attente, soyons comme le roseau dont on retire la moelle et qui servira comme canalisation pour l'eau ou encore pour faire de petites flûtes servant à réjouir le cœur.
Après avoir été vidés de nous même, laissons l'eau de la parole nous traverser pour aller  abreuver les autres et laissons aussi le vent de l'esprit souffler au travers de nos vies afin que le son qui sortira de nous n'entraîne personne dans la confusion mais plutôt dans la bonne direction.
I corinthiens 14/ 7 & 8: " Si les objets inanimés qui rendent un son, comme une flûte ou une harpe, ne rendent pas des sons distincts, comment reconnaîtra-t-on ce qui est joué sur la flûte ou sur la harpe? Et si la trompette rend un son confus, qui se préparera au combat?" 
Si toutefois, il vous arrivait de connaître une situation qui entraîne dans votre vie  l'impression d'avoir cassé quelque chose...
Si vous pensez que le Seigneur ne vous pardonnera pas...
Si vous désespérez d'être encore utile...
Alors écoutez cette parole: "Il ne brisera point le roseau cassé"