lundi 27 juin 2016

CONSERVER OU OFFRIR SON ISAAC...?


 "Je veux croire que tous (passéistes, progressistes,...) cherchent le bien de l'Eglise et des croyants. Mais, chacun cherche dans ce qu'il croit être le moyen véritable pour faire prospérer son église.

Alors les camps se tranchent et les positions s'affirment....!
Chacun sa méthode, chacun sa sauce et malheur à celui qui s'y oppose...!

Les passéistes pensent qu'un retour à la rigidité et aux méthodes du passé est la seule solution pour éviter la perte des contenus spirituels et les progressistes pensent que des réformes s'imposent pour permettre à l'Eglise de continuer à être pertinente par rapport à l'évolution sociétale et pour la libérer des entraves à la croissance et à l'épanouissement spirituel.

Mais, l'Eglise doit être vue non comme un héritage à conserver en vue de faire du conservatisme, ni comme une entreprise dont la visée progressiste serait uniquement de correspondre à des études de marché pour favoriser sa croissance.

L'Eglise serait-elle un Isaac que Dieu pourrait nous demander afin de la mettre sur l'autel et qu'elle devienne ainsi une offrande...?
Le culte raisonnable de Romains 12.1 n'est-il pas l'offrande de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous avons...y compris l'Eglise...? L'Eglise nous appartient-elle...?
Dieu pourrait-il nous demander notre Isaac, celui au travers duquel nous espérons voir s'établir la promesse et auquel nous nous accrochons tellement...?

L'accomplissement de la promesse divine réclame toujours son passage par la mort afin qu'elle puisse ressusciter en Dieu et se détacher ainsi de tout ce qui est humain, charnel.

Quand Dieu veut faire naître un peuple, il choisit une femme stérile.
Quand Dieu veut parler à son peuple, il choisit un bégayeur.
Quand Dieu veut sauver son peuple ce n'est ni par la force, ni par la puissance mais par une offrande d'amour.
Je réalise tristement que la perte de l'Eglise deviendrait pour beaucoup le sujet de la perte de leur foi, de leur vision, de leur vocation ou de leur raison de vivre.
Une dynamique ecclésiocentrique suscitera toujours la jalousie de Dieu car elle met l'œuvre à l'endroit où doit se trouver le Seigneur.
L'Eglise a sans doute pris trop de place et pourrait devenir un véritable sujet d’idolâtrie. Il ne faudrait pas que l'œuvre prenne la place du Maître d'œuvre ou que la moisson soit plus importante que le maître de la moisson.

Vouloir conserver son Isaac, c'est non seulement se priver des capacités divines mais c'est aussi s'accrocher à une fausse adoration : celle qui met sur le devant nos actes, nos méthodes, nos ambitions."
Past. Xavier LAVIE