samedi 28 novembre 2015

AIMER SES ENNEMIS


Aimer ses ennemis n'est-il pas la choses la plus difficile à accomplir ?
C'est évident qu'il est beaucoup plus facile de céder à la haine et à la vengeance afin d'assouvir les tensions internes que le mal a provoqué en nous. Mais répondre au mal par le mal peut-il résoudre quoi que ce soit aux problèmes...?

Certains ne manqueront pas d'argumenter en faveur de la Loi biblique et vétérotestamentaire dite du Talion, afin de pouvoir rendre à leurs ennemis la monnaie de leur pièce...!

Mais le "oeil pour oeil" et le "dent pour dent" n'avait comme objectif que de limiter la portée de la vengeance en rendant uniquement l’équivalent de la peine subie. Cette loi qui officiait dans l'ensemble du monde antique de la Babylonie en passant par l'empire Romain et Israël, était en quelque sorte un moyen d’éviter que les personnes ne se fassent justice elles-mêmes en introduisant un début d’ordre dans la société en ce qui concerne le traitement des crimes par une juste réciprocité au niveau de la peine qui avait été subi.

Mais, ce qui fut un commencement, ne peut en aucun cas devenir une finalité. Les progrès de l'humanité induisent aussi une progression dans la justice et dans la manière de la rendre.
Il ne faudrait pas régresser et retourner dans les fonctionnements antiques et quelques peu barbares parce que devant nous se dressent des personnes qui marchent encore selon des critères indignent de civilisations caractérisées d'évoluées...!

A ce propos, Jésus enseigna dans Matthieu 5.38-39, un plus haut niveau de justice que même notre monde qualifié de "moderne" ne pratique toujours pas. Matthieu 5.38-39 "Vous avez appris qu’il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre."

Jésus n’interdit pas ici le recours judiciaire pour l’application de la loi, mais interdit la vengeance personnelle comme c’est encore malheureusement et trop souvent le cas aujourd'hui. Au lieu de se retourner contre celui qui nous injurie, il est du devoir des chrétiens de souffrir avec douceur.

Il n'est pas ici question de faiblesse, ni de bafouer la justice mais de manifester une pleine confiance et une foi profonde dans le Seigneur comme étant le plus habilité à rendre la justice avec équité.
Assurément la justice divine est infaillible en comparaison de celle des hommes même si Dieu lui-même a institué les magistrats pour pour rendre la justice au milieu des hommes. Indépendamment et en complément de l'activité judiciaire des hommes de loi, la justice de Dieu devra aussi s'exercer.

Ainsi, aimer son ennemi, c'est lui pardonner ce qu'il a fait tout en réalisant que cela n’empêchera pas la justice de Dieu de s'exercer dans la vie du méchant. Tôt ou tard la justice de Dieu passera..!
Soit la croix expira la faute du coupable à condition qu'il se repente, soit le méchant devra répondre de ses fautes.

Quel que soit le tort subi, nous ne devons jamais essayer de nous venger nous-même.Nous devons, au contraire, nous préparer à endurer davantage d’affronts. Si quelqu'un nous frappe, laissons-le réitérer son geste.
Si nous sommes insultés, nous n’avons pas à nous défendre nous-mêmes, endurons plutôt les souffrances en toute quiétude tandis que la double justice à la fois humaine et divine s'exerce.
Dieu nous protégera, c’est lui qui nous vengera (Romains 12.19).
Nous pouvons compter sur lui pour juger parfaitement (1 Pierre 2.23).

Jésus dépasse donc la loi commune des hommes et révèle une justice nettement supérieure qui abolit même les représailles poussées par les désirs de la chair quand elle est blessée et meurtrie. Il enseigne donc à ses disciples que là où la loi permettait autrefois la vengeance, la grâce rend possible aujourd'hui la non-résistance, le pardon et l'amour maintenant de fait une parfaite intégrité dans la vie des victimes et leur offrant la possibilité de se reconstruire.

Nous avons tous à progresser dans cette direction et à amplifier la portée de notre foi en Dieu pour rendre possible une telle dimension dans le traitement des offenses. Sans doute la prière nous aidera dans ce sens.
Luc 6.27-28 "Quant à vous tous qui m’écoutez aujourd'hui, je vous dis: Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous témoignent de la haine; invoquez la bénédiction divine sur ceux qui vous maudissent; intercédez pour ceux qui vous calomnient méchamment."

Past. Xavier LAVIE