vendredi 21 février 2014

Mission possible




Marc 9/14 à 27:
"Lorsqu'ils furent arrivés près des disciples, ils virent autour d’eux une grande foule, et des scribes qui discutaient avec eux. Dès que la foule vit Jésus, elle fut surprise, et accourut pour le saluer.
Il leur demanda: De quoi discutez-vous avec eux?
Et un homme de la foule lui répondit: Maître, j’ai amené auprès de toi mon fils, qui est possédé d’un esprit muet. En quelque lieu qu’il le saisisse, il le jette par terre; l’enfant écume, grince des dents, et devient tout raide. J’ai prié tes disciples de chasser l’esprit, et ils n’ont pas pu.
Race incrédule, leur dit Jésus, jusqu'à quand serai-je avec vous? Jusqu'à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi. On le lui amena.
Et aussitôt que l’enfant vit Jésus, l’esprit l’agita avec violence; il tomba, et se roulait par terre en écumant.
Jésus demanda au père: Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive?
Depuis son enfance, répondit-il. Et souvent l’esprit l’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous.
Jésus lui dit: Si tu peux!… Tout est possible à celui qui croit.
Aussitôt le père de l’enfant s’écria: Je crois! Viens au secours de mon incrédulité!
Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur, et lui dit: Esprit muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant, et n’y rentre plus. Et il sortit, en poussant des cris, et en l’agitant avec une grande violence. L’enfant devint comme mort, de sorte que plusieurs disaient qu’il était mort. Mais Jésus, l’ayant pris par la main, le fit lever. Et il se tint debout."

Introduction:
Notre humanité détermine les bases ou l'étendue de nos possibilités mais aussi de nos impossibilités.
Ainsi, il n'est pas difficile à celui qui est véritablement objectif de déclarer qu'il se retrouve parfois confronté à ses propres limites. 
Nos limites peuvent être physiques, ou physiologiques,  intellectuelles, sentimentales, émotionnelles et parfois même spirituelles…! 
Ainsi, là où nos limites nous bloquent, certains diront avec un ton sarcastique qu'il s'agit certainement d'incompétences, de fainéantise, de dureté, ou de rigidité, voir d'un manque de profondeur ou pire d'entêtement.

Pas facile d'accepter ses limites dans un monde de performance qui réclame sans cesse que vous parveniez à vous surpasser, vous dépasser...!
Les podiums fleurissent en tout lieu récompensant le meilleur ouvrier du mois, le vendeur ayant fait le meilleur chiffre d'affaire, le sportif ayant gagné un dixième de seconde sur son précédent record….tout nous pousse à performer. 

Mais qu'arrive-t-il à celui ou à celle qui se bloque sur ses limites incapables de faire mieux, désemparé par un vide énergétique, en rupture d'envies, victime d'une saturation de la mémoire interne?  
Allons nous les mettre au rebut à cause d'un manque de moyens comme de vieux ordinateurs obsolètes qui manquent de capacités en face d'un flux d'informations sans cesse grandissant?  

Notre société de consommation peu à peu nous consomme et finit par nous consumer…!

1. Mission Impossible.
Malheureusement, pour beaucoup de personnes la vie devient peu à peu "mission impossible": un enchevêtrement de chose à faire sans en comprendre le but ou la finalité, une succession de dépassements de soi et d'efforts pas toujours productifs….!

La célèbre phrase du feuilleton américain résonne encore dans nos mémoires:
"Bonjour, monsieur Phelps. Votre mission, si toutefois vous l'acceptez...consiste aujourd'hui à  produire d'avantage et au moindre coût…à courir du matin au soir sans réaliser ce qui vous entoure….à gagner du temps sans jamais en perdre…à satisfaire tout le monde  sans jamais vous plaindre…!"

Qui est d'accord pour dire qu'il s'agit là d'une mission impossible?!

Comme dans le fameux générique, nous nous retrouvons tous devant la mèche qui se consume rapidement et qui symbolise les limites du temps dans lequel nous devons accomplir l'exploit d'une vie sans jamais faillir.  

Dans le passage de la parole de Dieu que nous avons lu en introduction, nous découvrons les disciples de Jésus en pleine activité. 
En effet, pendant que Pierre, Jacques et Jean étaient avec Jésus sur la montagne de la transfiguration, les disciples qui étaient restés dans la vallée furent confrontés à une véritable difficulté par la présence d'un père et de son fils possédé.
Il est fait mention par le papa que l'esprit qui tenait son fils le rendait muet et le contraignait à se jeter par terre. Puis, il le faisait écumer, grincer des dents et devenir tout raide.
Devant le besoin et sans attendre le retour du Seigneur, les disciples devant le désarroi et la consternation d'un papa désemparé commencèrent à chasser l'esprit qui tenait lié ce garçon. 

Le Seigneur n'avait-il pas donné le pouvoir à ses disciples de chasser les démons? 

Dans Marc 3/14 & 15, nous pouvons lire: "Il en établit douze, pour les avoir avec lui, et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons."

Les disciples connurent un véritable échec ne parvenant pas à délivrer ce garçon…   

Alors que s'était-il passé? 
Pourquoi n'avaient-ils pas réussi cette mission?
Était-ce une mission impossible? 
Les limites des disciples avaient-elles été atteintes?

Devant cet échec, il peut nous sembler que la réaction du seigneur soit exagérée, voir disproportionnée…
Il déclara dans Marc 9/19: "Race incrédule, leur dit Jésus, jusqu'à quand serai-je avec vous? Jusqu'à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi." 

Était-ce le reproche d'un chef à ses subalternes qui venaient d'échouer dans leur mission?
Était-ce une réprimande à des hommes incapables d'accomplir leur mission? 

Si Jésus reprit ses disciples aussi sévèrement, ce n'est pas en raison d'une quelconque incapacité de leur part. À aucun moment Jésus ne les traita d'incapables…! 
Bien au contraire, la capacité leur avait été donnée, le pouvoir de chasser les démons leur avait été accordé. Si un reproche leur était fait c'est uniquement par rapport au manque de foi, à l'incrédulité qui avait rendu cette capacité inefficace. 

La question: "Jusqu'à quand serai-je avec vous?" voulait dire en réalité: "Jusqu'à quand devrais-je encore rester avec vous avant que vous fassiez usage de l’autorité que je vous ais conférée?" 

Ce que nous jugeons parfois comme des missions impossibles sont en réalité aux yeux du Seigneur la preuve d'une réelle incrédulité dans nos vies!


2. Le constat d'une réalité… 
Vous pouvez remettre en question vos capacités personnelles, votre force à réaliser quelque chose de bien par vos propres moyens mais cela ne remettra pas en question ce que le Seigneur a  produit et déposé dans votre vie…! 

Combien de choses sont cataloguées comme étant des "missions impossibles "dans votre vie et combien de revers avez-vous essuyé?
Le temps que vous regarderez à vos impossibilités comme une évidence incontournable qui vous entraîne vers le statu quo ou pire au naufrage vous connaîtrez et ressentirez les sentiments d'insatisfaction qui en résultent.

Dans quel état intérieur devait se retrouver les disciples en face d'un tel raté ?  
Pouvaient-ils se permettre d'échouer ? 
Avaient-ils droit à une marge d'erreur, un pourcentage d'échec?

La réaction du Seigneur est la réponse à toutes ces questions…!    
Ce que nous tolérons et acceptons avec fatalité n'est qu'une reddition devant le pouvoir de notre incrédulité, une épée en plein cœur de notre foi.

Affronter les difficultés de la vie avec nos propres forces sans puiser avec une foi authentique dans les capacités spirituelles que Dieu à mise en nous, c'est s'apprêter à vivre dans la stérilité!    

Nous devons entendre que les bénédictions que nous avons manquées, les guérisons que nous n'avons pas reçues, les délivrances qui n'ont pas eu lieu sont parfois uniquement dues à notre manque de foi!

Comme le père de l'enfant nous nous tenons bien souvent devant Dieu avec une attitude mesurée: "Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous."
Ce papa avait-il été refroidi par l'échec des disciples que le voilà maintenant doutant presque du Seigneur et de sa capacité à délivrer son fils…!
"Jésus lui dit: Si tu peux!… Tout est possible à celui qui croit."

Confessons nos manques de foi avec humilité car ils nous ont poussés à prendre en main nos circonstances avec nos propres forces plutôt que d'avoir recours à la puissance de Dieu par la foi.    
"Aussitôt le père de l’enfant s’écria: Je crois! Viens au secours de mon incrédulité!"

Quelle phrase ambiguë?!

Déclarer croire et prier en même temps pour être secouru dans son incrédulité est une illustration flagrante de notre dualité.
Arrêtons de justifier nos erreurs ou nos échecs par nos faiblesses parfois très humaines…
Car en agissant ainsi rien ne bouge, rien ne change!

Un homme a dit: "Celui qui reconnaît consciemment ses limites est le plus proche de la perfection."
Je suis en phase avec cette déclaration dès l'instant ou la conscience de nos limites nous pousse à expérimenter par la foi, la Toute Puissance de Dieu.
     

3. Pareille chose arriverait-elle?
Dans l'Ancien Testament, un passage illustre bien la teneur de ces propos.
Dans 2 Rois 7/ 1 à 20, il est question du siège de Samarie par Ben-Hadad roi de Syrie. 
Les habitants de la ville de Samarie souffraient tellement de faim qu'une scène de cannibalisme nous est même rapportée dans 2 Rois 6/ 29. 
A cette période le prophète Élisée annonça divinement la fin du siège en ces mots: "Demain, à cette heure, on aura une mesure de fleur de farine pour un sicle et deux mesures d’orge pour un sicle, à la porte de Samarie."
Devant une telle déclaration au milieu de circonstance tellement dramatiques, l’officier du roi répondit à l’homme de Dieu: "Quand l’Eternel ferait des fenêtres au ciel, pareille chose arriverait-elle?" 

La réaction de cet homme témoigna clairement de son incrédulité. 

Pour lui c'était " mission impossible"!

Mais Elisée lui dit: "Tu le verras de tes yeux; mais tu n’en mangeras point."

La suite de l'histoire donna raison à Élisée car le Seigneur fit entendre dans le camp des Syriens un bruit de chars et un bruit de chevaux qui entraînèrent une telle frayeur qu'ils se levèrent et prirent la fuite en abandonnant tout leurs biens.
Le pillage du camp Syriens permit de peser une mesure de fleur de farine pour un sicle et deux mesures d’orge pour un sicle, selon la parole de l’Eternel.
Mais l'histoire dit aussi dans 2 Rois 7/19 & 20 que cet officier incrédule fut écrasé par le peuple, le jour même, à la porte de la ville, et il mourut selon la parole de l'homme de Dieu.

Attention, le manque de foi peut être "mortel" dans certaines circonstances! 

Combien de personnes ont comme cet officier été écrasées à cause d'un manque de foi...?
 

4. Une époque rêvée pour notre foi…!
Ces temps-ci, en lisant les journaux, en regardant la télévision ou simplement en écoutant les conversations, je ne peux faire autrement que de remarquer, comme vous sans doute, le climat de morosité dans lequel nous baignons tous. 
Fermetures, faillites, licenciements massifs ne cessent de faire la une. Sur fond de crise économique se profile une crise de santé publique, sans parler de la crise climatique qui arrive derrière…

Toutes ces choses nous prédestinent en réalité à devoir utiliser notre foi comme jamais auparavant.

Il est important d'amorcer un changement radical en ce qui concerne la foi.

La priorité étant de ne plus la placer comme solution de replis lorsque l'on a tout essayé humainement parlant. La foi exercée doit redevenir une priorité de tous les jours et dans toutes nos circonstances. 

Cette priorité doit entraîner un changement dans la façon dont notre vie spirituelle se développe.  
Aussi simple que cela puisse paraître, il faut en priorité décider ce que l’on veut précisément. 
Vivre par la vue ou vivre par la foi…!

Quand on écoute les gens, on apprend souvent ce qu’ils ne veulent pas, mais pas toujours ce qu’ils veulent. Pourtant, dans le domaine du changement il existe une évidence: c'est que ceux qui réussissent à changer ont forcement un but précis.

Définir ce que l’on désire, le plus précisément possible, nous donne une direction à suivre, nous porte vers l’avant. Définir une direction de foi à notre vie c'est éviter de tomber dans la confusion.

Malheureusement on attend trop souvent les extrémités pour faire intervenir notre foi.

Le challenge n'est-il pas de faire agir notre foi avant d'atteindre nos dernières limites ? 


5. La foi est un levier.
Pensez à ce que fait celui qui veut lever une pierre trop lourde… 
Il doit trouver un levier ! 
Il glisse alors l’extrémité d’un bâton sous la roche, trouve un support et appuie sur l’autre extrémité du bâton.
Si l’on veut changer, il faut se munir d’un tel levier!

Beaucoup de chrétiens savent ce qu’en matière de foi ils doivent changer, mais ils ne le font pas. 
Savez-vous pourquoi ? 

Simplement, parce que le fait de vivre par la foi nécessite un changement profond dans la façon dont nous fonctionnons et que nous associons plus de douleur au changement qu’à la situation actuelle.
Accepter ses limites, devoir les confesser et avoir recours à une source extérieure pour nous permettre de sortir de nos conflits n'est jamais valorisant… 
Mais, en pensant ainsi, il n'est pas étonnant que Dieu nous résiste et qu'il finisse par nous reprocher nos manques des résultats.

Actionnez le levier de la foi!

Pour être convaincu de le faire dès maintenant j'aimerais vous poser quelques questions. 
Quel est le prix à payer dans le futur si vous n'utilisez pas votre foi ?
Qu’est-ce que vous allez manquer, à court, moyen et long terme?
Quels regrets risquez-vous d’avoir si vous n'agissez pas avec foi?
Qu’est ce que ça vous coûte déjà émotionnellement, mentalement, physiquement, financièrement de laisser la situation telle qu’elle est?
Comment la situation actuelle vous affecte-t-elle? 
Comment affecte-t-elle votre conjoint, vos enfants? 
Quels bénéfices retirez-vous encore à laisser la situation inchangée?

Nul doute qu’il règne autour de nous un climat de stress, de tension et de peur. 
Pour plusieurs, l’avenir est incertain, la situation économique est imprévisible. 
La meilleure façon de réagir, c’est de décider individuellement et collectivement ce que l’on veut vraiment et d’agir avant que la situation nous y oblige. 
Vivre par la foi ne consiste pas en des actions ponctuelles mais en une résolution spirituelle dans laquelle on se tient tous les jours. Agir ainsi en redonnant à notre foi la priorité aura au moins le mérite de nous faire sortir de ces sentiments d’impuissance qui font de nous des victimes.

Il n'est pas difficile de reconnaître le moment où nous devons faire agir notre foi. 
Car chaque journée que nous traversons, nous place devant des défis de foi, des "missions impossibles"! 


6. Conclusion: "Mission possible"
Lisons dans 2 Rois 4/42 & 44: "Un homme arriva de Baal-Schalischa. Il apporta du pain des prémices à l’homme de Dieu, vingt pains d’orge, et des épis nouveaux dans son sac. Élisée dit: Donne à ces gens, et qu’ils mangent. Son serviteur répondit: Comment pourrais-je en donner à cent personnes? Mais Élisée dit: Donne à ces gens, et qu’ils mangent; car ainsi parle l’Eternel: On mangera, et on en aura de reste. Il mit alors les pains devant eux; et ils mangèrent et en eurent de reste, selon la parole de l’Eternel."

Ce passage n'est pas sans nous rappeler les deux multiplications des pains du Nouveau Testament…
Là dans l'évangile de  Matthieu au chapitre 14, puis  au chapitre 15, nous découvrons l'embarra des disciples. 
Ils avaient opposé leur rationalité ou leur logique à l'invitation de Jésus qui leur demandait de nourrir une foule de 5000 puis de 4000 personnes avec quelques pains …

Le temps que vous faites vos calculs, que vous prouviez vos impossibilités par des tentatives qui n'aboutissent à rien ou que épuisiez toutes vos solutions humaines, vous demeurez extérieur à la foi et à ses résultats.
  
  • Cessez de réfléchir comme Guéhazi, le serviteur d’Élisée qui disait: "Comment pourrais-je en donner à cent personnes?"   
  •  Cessez de regarder à ce que vous n'avez pas comme les disciples dans Matthieu 14/17 qui disaient: "Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons."
  • Cessez de chercher vos propres solutions comme les disciples dans Matthieu 15/33 qui rétorquaient: "Comment nous procurer dans ce lieu désert assez de pains pour rassasier une si grande foule?"

La foi fait de nos "missions impossibles" des "missions possibles".

Car elle ne se repose pas sur ce que nous pouvons faire et accomplir. 
Au contraire, elle se justifie au moment des nos impossibilités dans le seul et unique but de permettre à Dieu d'intervenir à sa façon. Dans ce cas le miracle n'est jamais très loin…!
 
Luc 18/27:"Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu."