mardi 17 avril 2012

Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant?


Luc 24/1 à 6: "Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre de grand matin, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent que la pierre avait été roulée de devant le sépulcre; et, étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits resplendissants. Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre; mais ils leur dirent: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est point ici, mais il est ressuscité."


Introduction:
Le message de pâque a-t-il encore une réelle signification aujourd'hui?
Force est de constater que Pâques, Noël et les autres fêtes chrétiennes sont devenues avant tout des supports commerciaux et des rendez-vous familiaux où la tradition arrive tant bien que mal à se maintenir  mais au prix d'un évènement qui est vidé de son sens profond.
Ainsi la Pâques est devenue pour beaucoup une fête organisée autour de deux pôles d'attractions importants que sont les chocolats travaillés en forme d'œufs, de poules ou de cloches et le traditionnel et non moins célèbre "gigot d'agneau".

Mais le message contenu dans la fête Pascale dépasse la limite de simples attraits culinaires!

Pour retrouver un sens à cette fête nous devons revenir à la signification première du message de Pâques. 

Pâques vient de l'hébreu: "Pessah" qui veut dire "passer outre" dans le sens d'épargner.
A la base, cette fête est d'origine juive. Elle est a été instituée par Dieu pour commémorer l’événement fondamental de la délivrance des Israélites qui étaient captifs dans le pays d’Égypte. 
La Pâques est donc une fête célébrant un évènement relatif à la libération de l'esclavage. En cela elle porte le message fort d'un Dieu libérateur qui ne supporte pas l'asservissement, la servitude.
Le message de Pâques au travers de ce thème de la libération de l'esclavage est non seulement d'actualité mais plus encore, il est  un message d'avant-garde puisqu'au niveau chronologique, il existe depuis bien plus longtemps que toutes les autres fêtes commémorant des libérations d'esclaves.
Autour de cet évènement de la sortie d’Égypte du peuple hébreu, nous trouvons des signes très forts et riches de sens.


Pour cela, lisons le texte relatif à la pâque juive dans le livre de l'Exode 12/1 à 11.  


1. L'esprit de pâques commence par une remise à jour de notre vie.
Exode 12/1&2: "Et l’Éternel parla à Moïse et à Aaron dans le pays d’Égypte, disant: Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois; il sera pour vous le premier des mois de l’année"

Dans ces deux versets du livre de l'Exode nous découvrons qu'il y a ici un changement très intéressant dans l’ordre du temps.
En effet, alors que l’année civile suivait son cours ordinaire, l’Éternel l’interrompit apprenant à son peuple qu'à partir de cette date allait commencer pour lui une ère nouvelle. Le passé ne devait plus compter désormais. Cette étape marquait la fin de l'esclavage et la libération qui permettait d'entrer dans une nouveauté de vie.

L'esprit de pâques commence d'abord par une remise à jour de notre vie. 
Comme pour le peuple hébreu qui vivait sous l'esclavage de l’Égypte, nous vivons sous l'esclavage du péché et il est essentiel de vivre la libération, la délivrance de cet asservissement.

Pâques est donc le symbole d'un recommencement, d'un nouveau départ et d'un passé qui est délaissé et révolu. 

Comment ne pas aspirer après une telle libération? 
Qui ne désire pas être affranchi? 
Qui ne rêve pas à la possibilité de pouvoir recommencer quelque chose de nouveau, de laisser derrière lui un passé trop lourd? 

Le message de pâques nous invite à expérimenter cette réalité et à entrer dans l'expérience d'une vie renouvelée, c'est pouvoir goûter enfin au vrai bonheur!
Psaume 32/1: "Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, et dont le péché est couvert".

Nous ne pouvons avoir la vie et le bonheur qu’en Christ seul, car il est le seul qui ait accompli, en son corps sur la croix, le pardon de nos péchés. C’est uniquement lorsque le voile épais de votre incrédulité tombe que vous pouvez voir l’Agneau immolé portant sur le bois du calvaire le pesant fardeau de votre culpabilité. C'est au travers de cette révélation vous pouvez entrer dans le sentier de la vie et du bonheur éternel. Cette vie commence à la croix et elle coule jusque dans l'éternité. Si vous cherchez la vie et le bonheur par un autre moyen, comme le font beaucoup de gens, vous vous engagerez dans un travail bien plus vain que de vouloir "faire des briques sans paille".  

Mais vous me direz que la vie que vous vivez possède de bons cotés!

En réalité, il n’y a rien de réel, rien de solide et rien de satisfaisant en dehors de Christ. 
L'Ecclésiaste le disait par expérience dans son livre: 
Ecclésiaste 2/17: "tout est vanité et poursuite du vent".

2. L'esprit de pâques nous annonce un message de partage et d'unité.
Exode 12/3-6: "Parlez à toute l’assemblée d’Israël, et dites: Le dixième jour de ce mois, on prendra un agneau pour chaque famille, un agneau pour chaque maison. Si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, on le prendra avec son plus proche voisin, selon le nombre des personnes; vous compterez pour cet agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d’un an; vous pourrez prendre un agneau ou un chevreau; Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour de ce mois; et toute l’assemblée d’Israël l’immolera entre les deux soirs."

La célébration de la Pâques réclamait de prendre un agneau sans défaut pour chaque famille le dixième jour du mois de Nisan. Chacun devait être compté, incorporé et personne ne devait être mis de côté. Le message de pâque est aussi un message d'unité et de partage. 
Il nous conduit à nous ouvrir sur les autres en nous rassemblant autour d'un agneau parfait.

1Pierre 1/18-21: "vous savez que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache; prédestiné avant la fondation du monde, il fut manifesté à la fin des temps, à cause de vous; par lui, vous croyez en Dieu qui l’a ressuscité des morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance reposent sur Dieu."


1Corinthiens 5/7: "Car aussi notre Pâque, Christ, a été sacrifiée".

Ainsi, l’agneau pris le dixième jour et tenu en garde jusqu’au quatorzième jour, nous présente Christ. Celui qui fut de toujours la pensée première de Dieu. Celui qui occupe la place la plus élevée dans ses conseils et ses affections. 
Comment s'étonner de le retrouver dans chaque cérémonie, chaque rite, chaque ordonnance et chaque sacrifice qui ne servaient qu'à annoncer à l’avance. 
Jean 1/29: "l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde."

La Pâque est et restera une des manières les plus frappantes d'illustrer cette réalité. L'unité qui existe entre le Père et le Fils doit restée l'exemple concret de ce que Dieu désire établir au sein de son peuple.   
Jean 10/30: "Moi et le Père nous sommes un."

 3. La pâque nous annonce un message de paix.
 Exode 12/7-9: "On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte des maisons où on le mangera. Cette même nuit, on en mangera la chair, rôtie au feu; on la mangera avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous ne le mangerez point à demi cuit et bouilli dans l’eau; mais il sera rôti au feu, avec la tête, les jambes et l’intérieur."
 
L’agneau pascal se présente à nous sous deux aspects différents. 
Il est premièrement un centre d'unité mais aussi un fondement de paix.
Le sang sur le linteau assurait la paix à Israël.  
Exode 12/13: "Et je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous".  

Car si le sang n’eût pas été répandu, l’Éternel n’aurait pas pu passer par-dessus le peuple. 
Hébreux 9/22: "sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission".

Il ne fallait rien d'autre que l’application du sang de l'agneau sur le montant de sa porte pour jouir d’une paix assurée en face de la venue de l'ange destructeur.
La mort allait faire son œuvre dans toutes les maisons du pays d’Égypte.
Mais Dieu dans sa grande miséricorde trouva pour Israël un substitut sans tache, sur lequel la sentence de mort fut exécutée. L'agneau devenait la victime qui prenait la place du coupable satisfaisant ainsi au jugement de Dieu.
Le sang au dehors disait que tout était parfaitement réglé, puisque c’était Dieu qui était intervenu; et par conséquent une parfaite paix régnait au dedans.

Sans doute, chacun de ceux qui étaient au-dedans de la porte aspergée du sang devait nécessairement sentir que, s’il avait dû recevoir la juste rétribution de ses péchés, l’épée du destructeur l’aurait bien certainement frappé; mais l’agneau avait subi à sa place le traitement qu’il avait mérité. 

C’était là le solide fondement de sa paix!

La paix intérieure, celle qui peut stabiliser un cœur et lui donner une réelle plénitude, n'est pas le résultat de tous ce qui nous définit et nous caractérise, ni même ce que nous possédons, mais uniquement du fait que le sang de l'agneau innocent est répandu sur les montants extérieurs.
C'est parce qu'il était conscient de la présence du sang à l'extérieur de sa maison que l'hébreu pouvait manger en paix à l’intérieur. Cette paix qui régnait ne reposait pas sur des mérites personnels; le moi étant absolument hors de question.

Tous ceux qui étaient abrités par le sang étaient en sûreté.
Ils n’avaient pas à espérer qu’ils seraient sauvés, ou à prier pour l'être...
Ils n’étaient pas seulement en état d’être sauvés; ils étaient sauvés.

Le sang de l’agneau et la parole de l’Éternel constituaient le fondement de la paix d’Israël dans cette nuit terrible, dans laquelle la mort frappa les premiers-nés de l’Égypte.

L’Israélite ne savait pas seulement que le sang était une sauvegarde, il savait qu'il était en sécurité.  

Pourquoi? Était-ce en vertu de quelque chose qu’il eût fait, ou senti, ou pensé? 

Nullement, mais parce que Dieu avait dit: "Je verrai le sang et je passerai par-dessus vous".

L’Israélite se reposait donc sur le témoignage de Dieu, sur sa parole.
Cette paix qui existait alors à l'intérieure des maisons des hébreux est la même que celle que Dieu désire faire habiter dans nos cœurs. 
Pour que cette paix prenne place dans nos cœurs,  deux éléments sont donc indispensables: Le sang de l’agneau et la parole de l’Éternel. 
Mais il y a un grand nombre de personnes qui sans mettre en doute l’efficace du sacrifice de Christ ne jouissent pas pour autant d’une paix réelle...!
Toutes ces personnes qui se disent pourtant convaincues que le sang de Christ suffit parfaitement aux besoins du pécheur devraient se préoccuper d'avantage de la réalité du sang de Christ et de la parole de Dieu dans leur vie que de leur foi et de leurs sentiments.

En réalité nous sommes toujours portés à rechercher en nous-mêmes ou dans ce qui vient de nous, quelque chose qui puisse constituer avec le sang de Christ le fondement de notre paix. 
Nous sommes même souvent tentés à regarder le fruit de l’Esprit en nous, plutôt que l’œuvre de Christ pour nous, comme le fondement de notre paix.
Il n’y avait rien à ajouter au sang sur le linteau et il n’y a rien non plus à ajouter au sang de Christ qui coula au calvaire.

4. La Pâques annonce un message de séparation et de délivrance.
Exode 12/8-9: "Cette même nuit, on en mangera la chair, rôtie au feu; on la mangera avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous ne le mangerez point à demi cuit et bouilli dans l’eau; mais il sera rôti au feu, avec la tête, les jambes et l’intérieur."

L’agneau, autour duquel le peuple se rassemblait et qu’ils mangeaient en faisant la fête, était un agneau rôti, un agneau qui avait passé sous l’action du feu. En ceci nous voyons «Christ, notre Pâque», s’exposant Lui-même à l’action du feu de la sainteté et du jugement de Dieu. Tout en lui a été parfait; le feu l’éprouva."
La tête, les jambes et l’intérieur", c’est-à-dire le siège de son intelligence, sa marche extérieure avec toutes les affections dont elle découlait. Tout fut soumis à l’action du feu et tout fut trouvé entièrement parfait.

Mais comment cet agneau devait-il être mangé?

"Avec des pains sans levain et des herbes amères".
Le levain est partout dans l’Écriture. Il symbolise le mal et plus particulièrement le péché. 
Jamais, ni dans l’Ancien, ni dans le Nouveau Testament, il ne représente quoi que ce soit de pur, de saint ou de bon.
Il n’y a que le pain complètement dépourvu de levain qui soit compatible avec l’agneau rôti: la plus petite quantité qui représente le mal aurait détruit le caractère moral de cette fête.
Tous ceux qui saisissent, par la puissance du Saint Esprit, la signification de la croix, ôteront certainement aussi, par cette même puissance, tout levain du milieu d’eux.

1Corinthiens  5/7-8: "Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité."

Ce n’était pas afin d’être sauvé que l’Israélite ôtait le levain, mais parce qu’il était sauvé et s’il négligeait d’ôter le levain, cette faute, toute grave qu’elle fût, ne mettait pas en question la sécurité par le sang, mais simplement sa communion avec l’autel et avec l’assemblée.
Exode 12/19: "Pendant sept jours, il ne se trouvera point de levain dans vos maisons; car toute personne qui mangera du pain levé sera retranchée de l’assemblée d’Israël, que ce soit un étranger ou un indigène."   

Il est impossible que je sois heureux sous l’abri d’un linteau aspergé de sang, s’il y a du levain dans ma demeure! 

Il est triste de constater que parfois le sang est sur le linteau tandis que le levain est dans la maison..! 

Quand aux herbes amères qui devaient accompagner le pain sans levain, elles nous représentent la part des souffrances qui s'attachent à l'évangile du Christ et qui produisent en nous un esprit soumis et bien disposé. Il est bon à cause de l’excessive légèreté de nos cœurs que nous saisissions la profonde signification des herbes amères. La sainteté pratique de la vie jointe à une soumission profonde de l’âme doit découler d’une communion véritable avec les souffrances de Christ.

Quelle belle image nous offre le peuple d’Israël qui abrité par le sang mangeait en paix l’agneau rôti avec des pains sans levain et des herbes amères!
Aucune crainte du jugement, aucune crainte de la colère de l’Éternel et de sa juste vengeance, qui allait balayer comme une tempête tout le pays d’Égypte.
La paix était profonde derrière les linteaux des portes aspergés du sang.
Les Israélites n’avaient rien à redouter du dehors et rien dans l’intérieur ne pouvait les troubler, sauf le levain qui eût porté un coup mortel à toute leur paix et à tout leur bonheur. 
Quelle image pour l’Église!

 5. La pâque annonce un message de détachement &de renoncement.
Exode 12/11: "Quand vous le mangerez, vous aurez vos reins ceints, vos souliers aux pieds, et votre bâton à la main; et vous le mangerez à la hâte. C’est la Pâque de l’Eternel."

Les israélites devaient manger la Pâque comme un peuple prêt à laisser derrière lui le pays où régnaient les ténèbres et la mort. 
L’Égypte symbole du monde et de ce qu'il contient était sous le jugement de la colère de Dieu.

L'esprit de Pâque nous invite à délaisser l’Égypte pour marcher en avant vers le pays de la promesse et vivre la délivrance du péché pour avancer vers le pays où coule le lait et de miel.
  • "Les reins ceints" nous parlent d'une séparation d'avec  tout ce qui nous entoure et nous retient et montrent ainsi que nous sommes prêts pour le service.
  • "Les pieds chaussés" parlent d'être prêt à quitter le quotidien présent pour entrer dans la vie que Dieu place devant nous.
  • Tandis que "le bâton" à la main est l’emblème d’une personne qui s’appuie sur quelque chose qui est en dehors d'elle-même.
Vous l'avez compris, la pâque juive n'est que le reflet de la réalité qui a pris place au travers de l'œuvre que Christ a accompli en notre faveur.
Mais lorsque nous considérons tous les symboles qui s'y rattachent comment passer à coté de la réalité spirituelle et de la portée d'un tel message.

Nous sommes parfois comme ces femmes qui le jour de pâque, de grand matin allèrent au sépulcre, pour pratiquer l'embaumement d'un corps sans vie et qui furent dans la consternation de ne rien trouver!
Le message qu'elles reçurent des deux anges fut: "Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est point ici, mais il est ressuscité"

Le message de la pâque chrétienne est un message d'espoir qui nous demande de ne plus regarder vers la mort et l'anéantissement mais vers la vie et l'éternité.

Le sang a été répandu sur les linteaux des vies de toutes les personnes qui vivent au bénéfice de l'œuvre de l'agneau et de son sang précieux qui coula au calvaire.
Pour ces personnes, l'éternité est acquise au travers de la résurrection du Christ qui nous communique l'assurance de notre propre résurrection. 

 

1 Corinthiens 15/20 -23: "Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement."      

Alors, gardons l'esprit de Pâques bien vivant dans nos vies et avançons vers l'éternité que Christ nous a ouverte.