jeudi 17 mars 2011

Un salut à deux vitesses ?

Actes 14 /21 à 22: "Quand ils eurent évangélisé cette ville et fait un certain nombre de disciples, ils retournèrent à Lystre, à Icone et à Antioche, fortifiant l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu."


Êtes-vous du style à persister dans une situation qui vous fait souffrir ou préférez vous essayer de contourner les difficultés?

En lisant le chapitre 14 du livre des Actes des Apôtres je me suis arrêté sur les versets 21 et 22: On y découvre que le message de Paul et de Barnabas faisant suite à celui du salut (qui consiste à accepter le sauveur Jésus-Christ dans notre vie) était l'annonce du besoin  de la persévérance et de la nécessité de traverser des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu.
Pour Paul et Barnabas dès qu'une personne avait reçu le merveilleux message de l'évangile dans son cœur, (message qui lui avait permis d'être pardonnée et libérée de son péché), il fallait que cette personne intègre aussitôt dans son esprit, l'utilité de la persévérance, qui permet de maintenir notre foi vivante même lorsque nous traversons certaines tribulations.

N'était-ce pas une aberration que d'annoncer premièrement le salut par la foi pour dans un deuxième temps donner à réaliser que le salut annoncé n'aura lieu qu'à la suite d'une série d'épreuves qui sont, dira Paul,  des étapes indispensables à franchir avant d'entrer dans le ciel? 

Paul annonçait-il un salut à deux vitesses?

Entre le moment où Paul et Barnabas annoncent le salut aux habitants de Lystre, d'Icone et d'Antioche et le moment où ils poursuivent par ce "nouveau message", il s'est passé un évènement bien troublant...
En effet, à Icone le message de l'évangile apporta la division au sein de la communauté. Devant les paroles puissantes, les prodiges et les miracles qui s'accomplissaient par le ministère de Paul et de Barnabas, une partie de la population se tourna en direction du salut en Jésus-Christ. 
Puis à Lystre ce fut un homme boiteux depuis sa naissance qui fut miraculeusement guéri. La population aussitôt éleva Paul et Barnabas au rang de dieu appelant Paul Mercure et Barnabas Jupiter. Déification dont Paul et Barnabas eurent bien du mal à faire entendre raison du non fondé aux habitants idolâtres de cette contrée.

C'est alors que survinrent d'Antioche (de Pisidie) et d'Icone des juifs qui gagnèrent la foule, et qui, après avoir lapidé Paul, le traînèrent hors de la ville, pensant qu'il était mort.
Mais les disciples l'ayant entouré, il se leva, et entra dans la ville.
Le lendemain, la Bible dit que Paul et Barnabas partirent pour Derbe.

Dans quel état de cœur devaient se trouver les personnes qui venaient de vivre cet évènement?
N'avaient-elles pas toutes les raisons d'être troublées?

Le formidable message qui venait d'être annoncé, même accompagnés de signes prodigieux, avait l'air de déchaîner des réactions et des passions violentes!

Le porteur du message venait lui-même d'être lapidé et échappant de justesse à la mort, il avait dû quitté la ville avec empressement.

Fallait-il rayer de la carte cette ville et secouer la poussière de ses pieds?
Le Seigneur Jésus-Christ avait lui-même déclaré dans Marc 6/11: "Et, s’il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, retirez-vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoignage."

D'ailleurs, lorsque nous remontons au chapitre 13 du livre des Actes, nous découvrons Paul et Barnabas à Antioche (de Pisidie). Après avoir annoncé le message de l'évangile dans la synagogue il est dit que:
Actes 13/48 à 52: "Les païens se réjouissaient en entendant cela, ils glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. La parole du Seigneur se répandait dans tout le pays. Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de distinction et les principaux de la ville; ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas, et ils les chassèrent de leur territoire. Paul et Barnabas secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds, et allèrent à Icône, tandis que les disciples étaient remplis de joie et du Saint-Esprit."      

Il semble bien que Paul et Barnabas vont devoir secouer la poussière de leurs pieds de toutes les villes de cette région hostile...
A Antioche, ils se font jeter, à Icone on veut les lapider et à Lystre on finit par  lapider l'apôtre Paul.
Je ne sais pas pour vous, mais je pense que beaucoup à la place de Paul et Barnabas, auraient décidé de fuir la contrée pour passer dans un territoire plus accueillant...!

Question: Mais ne secouons-nous pas trop facilement
la poussière de nos pieds devant l'adversité?

Abandonner une situation difficile, décider de fuir pour passer à autre chose est un réflexe de protection charnelle.
Mais parce que ce réflexe est charnel, il ne correspond en rien avec la pensée de l'Esprit. La peur parfois nous conditionne...

      Illustration: Il y a bien longtemps, un Prince persan vivait heureux dans son palais, à Ispahan. Un matin, en se promenant au milieu de ses roses, il vit la Mort, sa faux à la main qui semblait le guetter au détour de l'allée; elle fit un geste qu'il prit pour une menace et disparut. Sans doute, à la place du Prince, aurions-nous eu aussi peur que lui, mais cette peur il ne la domina point, il ne songea point à se dire que l'Esprit en lui le gardait de tout mal : il courut à ses écuries, fit seller son meilleur cheval, et s'élança à bride abattue droit devant lui : il s'agissait seulement de fuir la mort. Il galopa ainsi toute la journée, et se croyait déjà hors de danger, lorsque sur la route de Chiraz, à la nuit tombante, il vit soudain la Mort se dresser devant lui. Il s'arrêta, glacé de terreur. La Mort lui dit :  Te voilà enfin! Tu es venu à moi!
Ce matin, lorsque je t'ai vu dans tes jardins d'Ispahan, au milieu de tes roses, je n'ai pu retenir un mouvement de dépit, sachant que je devais te prendre ce soir sur la route de Chiraz. Je songeais : comment pourra-t-il être, en quelques heures, aussi loin de son palais? Mais la peur a travaillé pour moi : tu t'es précipité toi-même au rendez-vous...

On donne souvent un sens erroné à cette légende: on y voit une preuve de l'inéluctable fatalité.
Or, elle nous enseigne à ne point céder aux instances de la peur.
Neuf fois sur dix, par peur, nous sommes les artisans de nos malheurs.
C'est ainsi que mourut le Prince persan...

Dites-vous bien que la peur est la plus mauvaise conseillère qui soit.  
Anéantissez en vous toutes pensées de peur, faites-vous une loi de ne rien juger sous son emprise, et surtout de ne pas faire un pas sur son commandement.
Vous savez bien que dans un incendie la panique fait plus de victimes que le feu. Si la foule surmontait la peur, la plupart des gens seraient sauvés.
Or, qu'est-ce qu'une foule? C'est l'addition d'un grand nombre d'individus.
En refusant la peur, en aidant ceux qui vous entourent à ne point se laisser entraîner par elle, vous pouvez beaucoup pour le salut d'un monde qui meurt de peur.

Paul et Barnabas allaient-ils succomber à la peur?
Allaient-ils décider de ne plus remettre les pieds dans ces villes ou l'opposition était si farouche?
Les personnes qui avaient accepté le message de l'évangile avaient-elles gardé en elles un soupçon de foi à la vue d'une telle scène?

Je ne sais combien de temps Paul et Barnabas sont restés à Derbe, mais dans Actes 14/21 & 22 il est écrit: "Quand ils eurent évangélisé cette ville et fait un certain nombre de disciples, ils retournèrent à Lystre, à Icone et à Antioche, fortifiant l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu."

J'aime ce retour en arrière de Paul et Barnabas!
Au lieu de balayer d'une décision hâtive motivée par la peur et de passer à quelque chose de plus facile, ils décidèrent de retourner là où ils venaient de vivre une terrible opposition, une réelle adversité.
Comment ne pas voir ici le fait que ces deux hommes étaient vraiment conduits par l'Esprit de Dieu.

Paul et Barnabas avaient bien annoncé le message de l'évangile proclamant le salut des âmes pour toutes les personnes qui reconnaissaient le Christ comme leur sauveur personnel. Mais leur message n'était pas complet...
Il manquait dans son contenu ce qui allait permettre à leurs auditeurs de traverser toutes les difficultés de la vie. La dimension de la persévérance dans la foi et le fait de se préparer à traverser certaines tribulations ou épreuves devait être annoncé. Si Paul et son compagnon avaient omis cette partie importante du message, Dieu allait mettre en œuvre des circonstances pour illustrer cette leçon spirituelle au travers de leur vie et en même temps épurer la foi de ces deux hommes.

Peut-on croire que c'est de nos douleurs et de nos souffrances que nous recevons de Dieu et que nous donnons aux autres les plus profondes leçons de spiritualité?

Si la souffrance et l'adversité sont les chemins sur lesquels marchent les disciples du Christ ce n'est pas parce que le Seigneur se plait à nous voir ainsi mais uniquement parce que ces chemins sont les plus formateurs pour l'homme.

Vouloir aider les autres, les conseiller, désirer leur apporter la consolation vous placera vous-même sur le chemin de la souffrance. Par l'exemple que vous donnerez et selon vos réactions vous enseignerez en bien ou en mal.
Notre monde n'a ni besoin de médecins sans compassion, ni de juges impartiaux.
Le monde soupire après des hommes et femmes vrais qui marchent par l'exemple de leur vie dans le chemin du Christ.

Quel joie pour Paul et Barnabas de trouver en revenant dans ces villes des hommes et des femmes Actes 13/52: "remplis de joie et du Saint-Esprit".

C'est à partir de ces gens devenus disciples du Christ que Paul et Barnabas vont choisir les dirigeants des églises qui viennent de s'établir.
Actes 14/23: "Ils désignèrent des anciens dans chaque Eglise, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru."

L'exhortation de Paul et de Barnabas sur la nécessité de la persévérance dans la foi et de l'acceptation de certaines épreuves ou difficultés comme moyen de parfaire notre spiritualité n'est pas la deuxième vitesse du salut mais la continuité logique qui sert à prouver le réel attachement du croyant à la personne du Christ et à son œuvre.
La nécessité de la persévérance dans la foi annonce que la vie du croyant ne sera pas dépourvue de difficulté et la nécessité de traverser les tribulations pour parvenir à entrer dans le royaume de Dieu ne fait que de le confirmer pour en témoigner.
Si après avoir accepté Christ dans votre vie, il vous arrive d'être déçu de ce que vous vivez: posez-vous simplement la question de savoir s'il ne vous manque pas une bout de la révélation du message.
Annoncer l'évangile dans son intégralité c'est selon le modèle de Paul et de Barnabas parler du salut accompli dans lequel nous devons marcher selon l'exemple que le Seigneur nous a donné.

Jésus lui-même a dit: Matthieu 24/13: "Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé." 
  
N'oublions pas que ce qui fortifie le plus l'esprit du véritable disciple c'est de lui dire ou de lui révéler que le chemin difficile sur lequel il marche est celui sur lequel le Seigneur lui-même a marché.
1 Pierre 2/2: "Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces"

Assuré d'être sur la bonne voie, même si elle est difficile, les yeux vers le but, il persévéra jusqu'à recevoir le prix de son appel ou de sa vocation!