mercredi 16 février 2011

La Balle et le Grain !

Matthieu 3/5 à 13: "Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.
Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit:Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir? Produisez donc du fruit digne de la repentance, et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.
Déjà la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu.
Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point.
Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui."

Introduction :
 Dans le passage que nous venons de lire ensemble, nous découvrons le personnage de Jean-Baptiste dans le contexte de son appel et de son message. Jean-Baptiste était un homme remarquable. 

Jésus dira de lui dans Matthieu 11/11: "Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste"

Son message était direct et percutant. 
Il annonçait la nécessité de la repentance pour le salut de l’âme, il baptisait d’eau et préparait le cœur des hommes pour l’arrivée prochaine du Messie. 
Il avait pour mission d’assurer la transition entre l’Ancien et le Nouveau Testament, entre la Loi et la Grâce.
Jean prêchait avec une dimension prophétique, il était la voix de celui qui crie dans le désert, venu pour préparer le chemin du Seigneur et aplanir ses sentiers.

Lorsque Jean parlait du Sauveur qui devait venir il disait: "Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point."

Ce message de Jean-Baptiste est riche par son contenu et sa signification. Il révèle de quelle façon le Messie agira lorsqu’il paraîtra, quelle sera sa mission et donc aussi la principale caractéristique de son ministère au milieu des hommes.

Lorsque Jean Baptiste annonce la venue du Messie il déclare qu’il viendra avec un van à la main.

1- Préparatifs avant le vannage.
Jean nous donne une description bien curieuse du Messie. Il le décrit armé d’un van, venant pour nettoyer son aire et amasser son grain.

Pour nous aujourd’hui, la signification de certains versets bibliques est un peu difficile à réaliser.
En effet, pour donner une application spirituelle à un passage biblique il faut premièrement comprendre le sens des mots, leurs significations et le contexte dans lequel ils sont employés. Ensuite, seulement nous pouvons essayer de trouver la leçon spirituelle qu’il nous enseigne.
Dans le passage que nous méditions, Jean fait référence à un contexte agricole et plus précisément à celui de la moisson.
Pour illustrer des vérités spirituelles, le Seigneur a souvent pris aussi des exemples de la vie courante des personnes auxquelles il s’adressait.
La parole de Dieu est faite pour notre quotidien, elle vient au cœur de notre vie, elle illustre et change la banalité d’une vie en des applications spirituelles et riches de sens.
Dieu s’adresse à nous avec nos mots, il se place à notre hauteur et intervient au milieu de nos activités.

En parlant de la moisson, Jean-Baptiste savait que son auditoire allait comprendre la portée de ses mots et le sens profond de ses déclarations.

La moisson est donc au centre de notre verset.  Il nous faut alors étudier comment elle s’effectuait à l’époque biblique pour faire le lien avec une application spirituelle pour nos vies.

Moissonner est l’action de récolter du blé ou des céréales. Mais la récolte, la coupe ou le fauchage n’est pas l’essentiel du travail. Avant d’ensiler le grain, il faut effectuer de multiples opérations.

La première opération après la coupe était le battage.
Le battage consiste à séparer le grain de la balle en le frappant avec un bâton.
Le livre des Juges nous en parle en décrivant un épisode de la vie de Gédéon.
Juges 6/11: "Puis vint l’ange de l’Eternel, et il s’assit sous le térébinthe d’Ophra, qui appartenait à Joas, de la famille d’Abiézer. Gédéon, son fils, battait du froment au pressoir, pour le mettre à l’abri de Madian."     

Le battage était une opération qui se faisait dehors sur un terrain qu’on appelait: « a-i-r-e ».
L’aire de 15 à 30 mètres de diamètre, se trouvait si possible, en un lieu élevé, exposé aux vents: une plate-forme en haut d’une colline était l’idéal.
Muni d’un bâton l’ouvrier frappait l’épi pour séparer la balle du grain.

La balle c’est l’ensemble des enveloppes qui entourent le grain et il est important de débarrasser le grain de toute cette balle avant de le mettre dans le grenier.

L’application spirituelle commence à ressortir et chacun de nous sommes conscients du fait que notre vie est semblable à un grain de blé. Nous sommes entourés de la balle, d’enveloppes multiples dont il faut se débarrasser. De péchés, d’impuretés, de certaines pensées, d’apparences, de traits de caractères, et d’inutilités.

Il faut cependant noter que Jean Baptiste ne dit pas que le Seigneur viendra avec un bâton. 
Le Christ n’est pas venu pour faire le battage du grain, mais il est venu premièrement pour le vanner.
Le battage du grain est le symbole de « la Loi ».
La loi était semblable à un bâton qui frappe pour séparer le bien du mal, le sacré et le profane. 
Une séparation indispensable mais difficilement supportable et réalisable. 

Mais, cette sanctification doit néanmoins être opérée !

Si la Loi permettait de séparer la balle du grain, elle ne parvenait pas faire le tri entre les deux. 
Il fallait donc terminer cette opération de battage pour aller plus loin dans la moisson.
Le Seigneur Jésus-Christ disait qu’il n’était pas venu pour abolir la Loi mais pour l’accomplir.   
Matthieu 5/17: "Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir."

Nous réalisons les paroles prophétiques d’Esaïe lorsqu’il annonce la souffrance du Messie dans le chapitre 53 de son livre. Il parle de douleurs, de punitions mais aussi d’un brisement et du fait qu’il sera "frappé de Dieu".
Détacher la balle du grain ne se fait pas sans douleurs. Jésus a véritablement subit le battage à notre place, il a opéré la sanctification si douloureuse et l’auteur de l’épître aux Hébreux de déclarer: Hébreux 10/10: "que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes."
  
 Le battage effectué, l’opération suivante était le vannage.
 
2- Le vannage.
Le vannage s’effectuait avec un van.
Mais qu’est-ce qu’un van ?
Un van est un instrument agricole antique, servant à séparer la balle du grain; c’était une fourche à 6 dents, avec laquelle on projetait le blé en l’air pour le séparer de la balle après l’avoir battu.
Le vannage était l’action combinée de deux choses : Du van et du vent.
C’est pour cela qu’une colline était le lieu le meilleur pour faire une aire où travailler le grain. Un endroit élevé où le vent pouvait souffler et faire son action de séparation.

Impossible de ne pas découvrir là encore une nouvelle image spirituelle.
La séparation effectuée par le battage ne suffisait pas. Même si le grain n’était plus dans son enveloppe, il restait mélangé à la balle.

Le Van est pour nous croyants le symbole de la parole de Dieu semblable à une fourche à 6 dents, elle produit dans nos vies la continuité de ce que le battage avait commencé.
Les 6 dents peuvent être comparées à 6 actions que produit en nous la parole de Dieu.

C’est l’épître au Hébreux qui nous dévoile ces 6 actions de la parole dans nos vies.
Selon Hébreux 4/12: "Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur."
a) 1ère dent : La parole de dieu est vivante :
Dire que la parole de Dieu est vivante est une réalité incontestable. Son action dans notre vie prouve qu’elle est vivante. Non seulement elle est vivante, mais elle nous donne la vie. 
Matthieu 4/4: "Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu."
C’est la parole de Dieu qui nous communique la foi.  
Romains 10/17: "Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ."

b) 2ème dent : La parole de Dieu est efficace :
La parole de Dieu est efficace parce qu’elle produit l’effet attendu. Ce que nous ne pouvions pas changer dans nos vies a été transformé par l’action de la parole de Dieu. C’est une parole qui produit toujours son effet et que rien ne peut arrêter. Cette parole nous guérit, nous bénit et nous fortifie.

c) 3ème dent : La parole de Dieu est tranchante :
La parole de Dieu est tranchante, elle est supérieure à une épée à deux tranchants dans son action. Elle a le pouvoir d’ouvrir nos cœurs, de faire pénétrer la lumière dans les parties les plus sombres de notres vies.

d) 4ème dent : La parole de Dieu est pénétrante :
C’est une parole pénétrante. Elle agit en profondeur et ne se contente pas du superflu, de l’apparence. Elle perce au plus loin de nos vies là où se trouvent nos fausses assurances, nos réactions charnelles, nos principaux intérêts, ce qui compte le plus dans nos vies pour laisser plus de place à Christ en nous. Elle est parfois une parole qui nous éprouve et nous sonde.

e) 5ème dent : La parole de Dieu partage :
La parole de Dieu effectue aussi un partage dans nos vies. Elle demeure une parole de délivrance, sanctifiante. Elle nous éloigne du péché. Psaumes 119:11  "Je serre ta parole dans mon coeur, Afin de ne pas pécher contre toi."
Elle nous aide dans nos choix et nos directions. Psaumes 119:105  "Ta parole est une lampe à mes pieds, Et une lumière sur mon sentier."

f) 6ème dent : La parole de Dieu juge :
Enfin, elle nous juge. Semblable à un miroir, elle nous renvoie l’image de ce que nous sommes. Elle nous place devant notre état et nous demande d’examiner nos vies à sa lumière et selon le modèle de Christ et d’accepter son action dans nos cœurs.  

Nul doute ce Van est un instrument puissant dans les mains du Seigneur Jésus-christ.
Instrument de purification du grain.
Jean 17/17:  "Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité."


Mais sans l’action du vent la parole ne servirait à rien. Le grain et la balle retomberaient au même endroit sans obtenir aucun changement. Il en est de même de la parole et de l’Esprit.
2 Corinthiens 3/6: "la lettre tue, mais l’esprit vivifie."
Il est indispensable de laisser la parole nous soulever, nous projeter en l’air, nous remettre en question, mais tout en permettant au vent de l’Esprit Saint de repousser loin de nous toute la balle qui nous environne.

Un tri formidable vient d’être réalisé. Une œuvre de grâce s’est accomplie dans notre vie mais le grain doit encore être travaillé. 
Il faut maintenant le cribler, nettoyer l’aire.


3- Le criblage.
Le crible est un instrument utilisé en agriculture pour effectuer un dernier tri. On peut aussi a l’appeler : Tamis.
En effet, lorsque le grain était séparé de la balle, il fallait le ramasser sur le sol d’où il venait d’être travaillé et il fallait procéder à un dernier tri : celui du grain et des impuretés qui n’étaient autre que des cailloux et de la terre.

Le principe du crible pourrait être illustré par un verset biblique : 1Thessaloniciens 5:21  " Examinez toutes choses; retenez ce qui est bon" 

Le principe du criblage est très simple : Il sépare et épure. Il permet de trier, de jeter et de garder.
L’essentiel est en réalité de bien savoir ce que l’on doit garder et ce que l’on doit jeter. Il arrive selon ce que l’on tamise de conserver ce qui reste dans le tamis ou de le jeter.
(Différence entre le sable et l’or)

Nous trouvons dans le criblage une nouvelle image spirituelle pour nos vies avec le Seigneur.
Notre vie aussi doit passer au crible, au tamis.
Pour utiliser le crible, il faut le secouer. La question est qui remue votre tamis ?
Il arrive parfois que ce soit Satan lui-même qui secoue le crible de notre vie. 
Jésus a dit à Pierre dans Luc 22/31: "Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment."
Lorsque Satan secoue notre vie, que reste-il ?
L’échec, la ruine, le désespoir, la rupture. Satan garde le mauvais et il jette le bon.

Mais lorsque le Saint-Esprit s’empare du crible de votre vie il vous permet de retenir ce qui est bon et de jeter ce qui est mauvais.  Il nous donne à discerner la volonté de Dieu.
En réalité Satan et le Saint-Esprit effectuent tous les deux une séparation. La différence est dans le traitement des résultats. Dieu montre le péché afin de le détruire, de passer par la repentance et le pardon.
Satan montre aussi le péché mais c’est afin de détruire tout le reste. Il dira : " Tu es mauvais tu ne peux être sauvé, tu es perdu..."
C’est ce qui arriva à Job. Le diable voulait le passer au crible pour pouvoir dire à Dieu: "il ne t’est pas fidèle. Enlève-lui ses biens: ses troupeaux, ses serviteurs, ses enfants, enlève-lui sa santé, enlève-lui tout ce qui est terrestre..."
Le tamis a été très dur et très serré. Mais béni soit Dieu, le diable a échoué.

Le tamis de Dieu par opposition à celui du diable est un instrument de bénédiction. 
Mais, si Dieu utilisait son crible comme nous l’utilisons souvent à l’égard des autres, nous serions tous perdus. Lorsque nous jugeons nos frères, nos sœurs, nous les criblons et au lieu de porter notre attention sur le bon, nous regardons à ce qui nous déplait. Si Dieu agissait ainsi, il ne verrait que le mauvais et il nous jugerait selon le mauvais qui reste toujours en nous.

Ne soyons pas comme ces pharisiens, qui en se servant de la parole de Dieu, tamisaient, filtraient ou criblaient le moucheron et qui finalement avalaient le chameau (Matthieu 23/24).  Ils utilisaient un crible à mailles fines pour les autres et prenaient un crible tellement gros pour eux qu’un chameau aurait pu le traverser (même les bosses pouvaient passer).

Le crible de Dieu s’appelle Jésus-Christ et nous sommes sauvés grâce à ce tamis. Dans le pire des pécheurs Jésus arrive encore à voir une âme à sauver. Nous, nous avons déjà rejeté et condamné, alors que pour lui cette âme a du prix à ses yeux et il n’abandonne pas la partie. Le filtre de Dieu passe par Jésus-Christ pour effacer le péché. Passant par Jésus-Christ  qui nous représente les mailles du tamis, nous sommes justifiés et reconnus comme tels. Nous ne sommes pas parfaits, et c’est ainsi que nous pouvons passer.

La grâce qu’il nous fait c’est de laisser un passage à travers les mailles du tamis. C’est un chemin étroit mais c’est un chemin accessible.

Dieu va trier ce qui est vraiment du monde et ce qui est vraiment de lui. Avant de tamiser tout cela, il y a un mélange. Nous aimons Dieu, mais le monde a tendance à nous modeler.

Ce tamis doit être utilisé constamment, en toute chose.

Il apparaît que des chrétiens ne veulent pas toujours l’utiliser: quelquefois oui, d’autrefois non. Alors plutôt que de risquer de passer la situation au tamis, ils rangent le tamis au placard, le temps qu’ils puissent faire ce qu’ils ont envie.
Ce sont ces mêmes chrétiens qui disent: "il ne faut pas tout spiritualiser!"


4- Engranger.
La dernière opération arrive, il faut maintenant engranger, mettre le grain dans les greniers.

Dans le livre de Ruth 3/7, il est parlé de Boaz qui est un Symbole du Christ. Il dormait le temps de la moisson dans l’endroit où l’on travaillait le grain pour éviter tout vol.
Christ, notre Boaz, demeure à nos cotés, et il veille sur nos vies pour repousser celui qui vient pour voler et détruire.
Mais, bientôt, très bientôt, nous serons déposés dans les greniers célestes. La moisson de la terre sera récoltée mais pendant ce temps que nous vivons gardons à l’esprit que Dieu travaille nos vies pour sa gloire.  

Apocalypse 14/15: "Un ange sortit du temple, criant d’une voix forte à celui qui était assis sur la nuée: Lance ta faucille, et moissonne; car l’heure de moissonner est venue, car la moisson de la terre est mûre."