mardi 14 décembre 2010

Etes-vous capable de vous plaindre ?






Psaume 142
 
Introduction
Dans certaines traductions, ce psaume de David porte le titre suivant : « Chant de David lorsqu'il était dans la caverne. »
 
Connaissez-vous David ?
Laissez-moi vous rappeler qui il était.
 
David était un jeune homme beau et fort, cadet de huit frères. Chargé du soin des brebis de son père, il montrait son dévouement et son courage en allant jusqu’à tuer le lion ou l’ours qui attaquaient le troupeau. Le jeune homme était aussi doué en musique, il jouait de la harpe et composa de nombreux cantiques.

David fut oint d’huile par le prophète Samuel, dès sa jeunesse ; recevant ainsi une merveilleuse et grande promesse de la part de Dieu, celle de devenir roi d’Israël.

Celui qui fut appelé « l’homme selon le cœur de Dieu » a vécu dans sa jeunesse, une série époustouflante de succès.

Pendant plusieurs années, chaque projet qu’il entreprenait et, chaque chose qu’il touchait semblait se transformer en or. Rien ne pouvait l’arrêter. Il semblait voler au dessus des difficultés comme un héros puissant.
 
Il est l’illustration appropriée du psaume 1er :
« Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, Et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs, Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Eternel, Et qui la médite jour et nuit! Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, Qui donne son fruit en sa saison, Et dont le feuillage ne se flétrit point: Tout ce qu’il fait lui réussit. »
 
David est choisi de Dieu et mis à part pour un service particulier. La promesse qu’il reçoit est riche d’espérance et de gloire.

L’onction semble d’ailleurs le propulser encore plus loin, l’encourager et le fortifier à un tel point qu’il met en déroute les philistins, ennemis d’Israël et qu’il tue le géant Goliath (2m70) que personne n’osait confronter.

Grand vainqueur, il est repéré par le roi Saül qui finit par le proclamer commandant de ses troupes d’élite. David devient un grand combattant, aimé par ses soldats, ses officiers et par le peuple.

Il est reconnu par tous, adulé et porté en triomphe, tant et si bien qu’il devient le meilleur ami du prince Jonathan et le mari de la princesse Mical.

Imaginez la promotion sociale et la réputation de ce jeune homme qui peut de temps avant passait son temps dans les prairies avec des brebis.
 

Quelle bénédiction est liée à l’onction !
 
Depuis sa rencontre avec le prophète Samuel, sa vie était transformée. Les évènements glorieux s’enchaînaient les uns après les autres, remplissant son cœur de joie et d’allégresse.
 
 
1)  Un cri du cœur  

Après une telle description, vous pouvez vous demander quel est le rapport entre David et le titre de la prédication ?

Il semble que David n’avait aucune raison de se plaindre au contraire !

Alors comment en est-il arrivé à composer le psaume 142 ?

Que s’est-il passé dans son cœur et sa vie entre la description faite dans le psaume 1 et l’état d’âme du psaume 142 ? 

Qu’est devenu l’arbre planté près d’un courant d’eau ? 
Le ruisseau s’est-il asséché pour que David soit si désespéré ?

Comment un homme si beau, si fort, ayant connu tant de victoires, de succès en affaires, en amitié, en amour et en finances peut-il être si malheureux ?

 

Pourtant c’est bien David qui écrivit ce psaume et beaucoup d’autres qui aujourd'
hui ont encore beaucoup de succès. On appelle ces psaumes, les psaumes de lamentations et leur thème reflète une réalité, un cri du cœur, un cri de désespoir poussé par un homme comme vous et moi : David.
 
Pensez-vous que David soit un homme de la même nature que nous ?

- Certes David fut appelé à régner, mais nous aussi. Ne sommes nous pas fils et filles du roi des rois grâce à Christ ?
2 Timothée 2/12 « Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui.»

- David fut oint. Nous aussi. Le Saint Esprit nous a oint pour apporter la bonne nouvelle.
2 Corinthiens 1/21 : «  Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu… »
 
Peut-être, ne nous sommes nous pas servis de cette onction avec autant d’audace et de foi que David, pourtant Christ nous a envoyé le Saint Esprit pour que nous remportions de grandes victoires en son nom.
 
Jean 14 /12 : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père… »
 
- Comme David nous avons reçu de grandes et belles promesses.
2 Pierre 3/9 : «  Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient. »
 
Vous avez certainement déjà vécu des moments de bénédictions et de joie grâce à Dieu, pourtant votre cœur est-il toujours dans l’allégresse, rempli de reconnaissance et de louanges ?
 
 
2) Quand on a l’impression de sombrer…

L’onction et les promesses de Dieu ne mettent personne à l’abri des difficultés et des combats.

Christ n’a jamais dit que notre vie chrétienne serait exempte de souffrances et de tristesses.

Il a dit : « Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. » (Jean 16/33)
  

David ne fut pas exempt de problèmes :
Alors qu’il semblait avoir des ailes et suivre allègrement le chemin vers son palais de gloire, il se produisit une suite d'événements fâcheux et très déstabilisants pour David.
Tous les merveilleux privilèges qu’il venait de recevoir lui furent ôtés les uns après les autres.
Non pas à cause d’un péché ou d’un manque de vigilance, mais tout simplement parce que la vie sur cette terre ne réserve pas que des bonnes surprises. Toutes les médailles ont des revers !  


Ne soyez jamais durs et remplis de jugements envers ceux qui passent par de grandes difficultés car elles ne sont pas toujours un châtiment de Dieu.

Dieu est rempli de patience et de sagesse envers ses enfants, il n’est pas un « père fouettard… »

Notre rôle n’est pas de juger mais d’aider ceux qui souffrent.
 
Tout ce qui faisait la joie et la gloire de David s’évanouit comme neige au soleil, le laissant désemparé, et profondément malheureux.

Connaissez-vous ce genre de tristesse ? 

Elle surgit de nulle part, tôt ou tard…

Votre vie semble-t-elle parfois vous échapper ?
 
J’aimerais vous lire un texte écrit par une chrétienne ayant un jour vécu ce genre de situation:
Elle a intitulé ce texte « J’émerge du KO »
 

« La souffrance fut d’abord latente et supportable car j’espérais en une solution rapide et triomphante de Dieu à mon égard. A ce moment-là, il était encore possible d’essayer de colmater les brèches, de fuir la douleur… Mais la souffrance a continué et finalement il s’est avéré qu’il n’y avait aucun espoir de s’en sortir. Mon cœur criait à l’injustice, je ne supportais pas la défaite. Les seuls mots qui me venaient à l’esprit étaient « je perds pieds » et « « Je n’y comprends rien ». J’avais l’impression qu’un barrage venait d’exploser devant moi et m’avait propulsé dans les rapides. Le sol s’est dérobé sous mes pieds, j’ai perdu tout repère, ma vie a basculé. Ce qui me paraissait évident peu de temps avant devenait absurde. Ma confiance en Dieu et en la vie était ébranlée. 
Mes convictions se trouvèrent sapées. J’étais incapable de me révolter contre Dieu ou contre les hommes, j’étais simplement abasourdie, dans l’incompréhension totale, anéantie et complètement déstabilisée.Ensuite, j’ai commencé à régresser, à me protéger dans mes retranchements, à reprendre des positions défensives charnelles plutôt que spirituelles. J’ai recherché l’appui des autres, en vain, j’ai voulu parler mais personne ne m’a écoutée… Cela rend humble !Je me croyais héroïquement adulte, forte et veillant sur les autres et je découvre aujourd'hui que je ne sais plus rien, que je ne peux rien, si Dieu ne devient pas tout, pour et en moi ! »
 
Pourriez-vous être l’auteur de ces lignes ?
Avez-vous connu ce genre de sentiments liés à la souffrance ?
Quels évènements vous y ont amenés ?
  • La perte d’un travail vous laissant démuni et inutile ?
  • La trahison d’un ami ou d’un conjoint ? 
  • Le rejet, l’abandon ?
  • La mort d’un être cher ?

David vécut tout cela.
 
- Tout d’abord, il perdit son travail.
De berger, il avait été promu musicien à la cour, puis soldat et enfin officier de l’armée.
Mais le roi Saül était jaloux des succès de David et il commença à le menacer pour finir par l’expulser.
 
- C’est alors qu’il perdit sa femme. Celle-ci avait déjoué un complot contre son époux qu’elle aimait alors le roi, son père se vengea en la donnant à un autre homme. (1 Samuel 25:44)
 
- Désespéré, David s’enfuit à Ramah où habitait son père spirituel, le prophète Samuel.
Samuel avait les yeux de Dieu, il connaissait son cœur, il savait l’encourager et l’aider. Il était aussi la personne par laquelle Dieu lui parlait. Mais Saül empêcha cette rencontre et Samuel déjà très âgé, mourut peu de temps après, laissant David seul, face à Dieu.
 
- David courut aussitôt rejoindre son meilleur ami Jonathan. David ne cherchait pas un conseiller ni un père, mais au moins un allier, un confident. Hélas, Jonathan ne voulut pas le suivre et David fut vraiment seul !
 

1 Samuel 21/10 à 13 : « David se leva et s’enfuit le même jour loin de Saül. Il arriva chez Akisch, roi de Gath. Les serviteurs d’Akisch lui dirent: N’est-ce pas là David, roi du pays? N’est-ce pas celui pour qui l’on chantait en dansant: Saül a frappé ses mille, -Et David ses dix mille? David prit à coeur ces paroles, et il eut une grande crainte d’Akisch, roi de Gath. Il se montra comme fou à leurs yeux, et fit devant eux des extravagances… »
 
David tenta donc de trouver un refuge chez ses ennemis mais sans succès.

Quand tout semble s’acharner contre nous, où cherchons nous un refuge ? 

La tentation est forte d’aller se réfugier dans le monde et les choses du monde.
 
Psaume 73 /1 à 3 : « Dieu est bon pour Israël, Pour ceux qui ont le cœur pur. Toutefois, mon pied allait fléchir, Mes pas étaient sur le point de glisser; Car je portais envie aux insensés, En voyant le bonheur des méchants. »
 
Mais le psalmiste se reprend :
Psaume 73 /16-17 : « Quand j’ai réfléchi là-dessus pour m’éclairer, La difficulté fut grande à mes yeux, jusqu'à ce que j’eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu, Et que j’eusse pris garde au sort final des méchants. »
 
Il semble que lorsque les enfants de Dieu sont en faiblesse les incroyants en profitent pour se moquer d’eux : « Où est ton Dieu ? »

Christ n’a pas été tenté de descendre de la croix lorsque les soldats se moquaient de lui. Il aurait pu appeler à son secours une légion d’anges, mais il ne l’a pas fait. Il est aller jusqu'au bout pour notre salut.
 

3)  La caverne d’Adullam

1 Samuel 22/1 : « David partit de là, et se sauva dans la caverne d’Adullam.»

Dans le passé, David avait la richesse, le pouvoir, la célébrité, la sécurité d’un avenir qui semblait garanti et des amis en nombre alors que dorénavant, il fuit et se cache dans une caverne. David se retrouve à l’extrémité de ses possibilités. Il entre dans une voie sans issue, une caverne.    

Adullam : qui signifie « Enclos » est l’endroit dans lequel se retrouvent tous ceux et celles qui ne parviennent pas à gérer l’échec d’une façon spirituelle, avec l’aide de Dieu.

Trouver refuge dans une telle caverne n’est pas le fruit du hasard. C’est bien souvent le résultat d’une décision personnelle qui est prise au milieu de circonstances incontrôlables.
 
Vous sentez vous l’âme d’un troglodyte ?
 

Les cavernes peuvent offrir un abri de fortune pour une nuit, mais malheureusement beaucoup en font leur résidence principale.
 
Aucune caverne ne permet de voir vers le ciel !
Elles obstruent votre vision vers le haut !

Blotti au fond de notre caverne nous nous posons toujours les mêmes questions :
 
Dieu a-t-il oublié ses promesses ?  

Se rappelle-t-il où je suis ?
Ma vie est-elle sans issue ?

 
N’oubliez jamais que si Dieu vous permet d’entrer dans votre caverne, alors qu’il aurait pu en boucher l’accès, c’est qu’il a prévu de se servir d’elle comme d’un moyen pour vous transformer, vous modeler.

C’est bien souvent dans des lieux hostiles et dépourvus de tout, lorsqu’il ne nous reste plus aucun support sur lequel nous reposer que Dieu prend alors toute sa place dans notre vie.
 
Êtes-vous dépassé par les circonstances ?


Il n’est pas meilleur terrain où Dieu puisse mettre en place sa puissance !

A l’endroit même où votre faiblesse abandonne !

Mais quelle surprise de voir que parfois la caverne dans laquelle nous courrions nous réfugier est déjà habitée. (400 hommes)
David fut rejoint par une troupe de personnes plus étranges les unes que les autres.
Dans la caverne d’Adullam se forma une petite communauté de pleurnicheurs, de gens insatisfaits et agités.
 
Est-ce sur ce type de personne que David allait s’appuyer ?

Pensez-vous trouver quelques encouragements dans la bouche de ceux et celles dont la critique et les plaintes sont devenus un sport national.

David ne trouva pas secours et force dans cette foule de mécontent mais il puisa ses force en Dieu, au cœur de la source de la vie.
 
Psaume 142/1 à 3 :« De ma voix je crie à l’Eternel, De ma voix j’implore l’Eternel.
Je répands ma plainte devant lui, Je lui raconte ma détresse.
Quand mon esprit est abattu au-dedans de moi, Toi, tu connais mon sentier. »


On ne peut trouver de solution dans la fuite ou le retranchement !

Fuir ses problèmes et ne jamais accepter de les confronter, d’y faire face est la meilleure façon de sombrer dans le désespoir et la ruine.
Si vous décidez d’affronter vos difficultés vous parviendrez à leur donner un nom.
 
Quel est le nom de votre problème de celui qui vous a conduit dans votre caverne ?
 
Donner un nom à ses problèmes nous prépare à formuler notre plainte, une plainte qu’il faut répandre devant Dieu et devant lui seul !
 
Pensez-vous que Dieu ait le désir d’entendre vos plaintes ?
Bien sûr que oui ! 

Sinon pourquoi croyez-vous qu’il vous ait laissé entrer dans vos retranchements ?!

Dieu n’est jamais choqué par notre attitude lorsque nous commençons à gémir devant lui au contraire, il nous encourage à le faire…
Mais force est de constater que la facilité pousse certain à déverser leurs plaintes sur ceux qui les entourent plutôt que sur Dieu !


Tandis que les autres plus introvertis les enfouissent au-dedans de leur cœur !


Peu réalisent le bénéfice qui existe de se confier et de s’appuyer sur Dieu, en lui faisant connaître les moindres désagréments que nous ressentons.
  

Dans la caverne de l’échec, de la douleur et du rejet on apprend à mieux expérimenter l’amour de Dieu. Ce Dieu qui ne nous blâme pas d’avoir été aussi faible mais qui répand son amour pour que nous goûtions aux trésors de sa grâce.

Tant que notre valeur et notre importance dépendent de notre succès, elles restent fragiles !
Mais lorsque nous avons la certitude que Dieu nous aime malgré tout, nous découvrons que son amour est bien plus fort que le succès ou l’échec.  
Past. Xavier LAVIE