mardi 14 décembre 2010

Êtes-vous satisfait de ce que vous vivez?

Ecclésiaste 7/8 à 10: "Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement; mieux vaut un esprit patient qu’un esprit hautain. Ne te hâte pas en ton esprit de t’irriter, car l’irritation repose dans le sein des insensés. Ne dis pas: D’où vient que les jours passés étaient meilleurs que ceux-ci? Car ce n’est point par sagesse que tu demandes cela."


Introduction: A la question: " Êtes-vous satisfait de ce que vous vivez? " 
 Que répondriez-vous?

Si l'on avait posé cette question au roi Salomon, il nous aurait répondu que tout est vanité et poursuite du vent!
Salomon était-il un blasé de la vie? Un dépressif à tendances suicidaires?
Avait-il perdu le goût de tout à cause de l'abondance des biens dans lesquels il vivait?
Ou sa réflexion était-elle le fruit de son expérience, de sa sagesse, de sa spiritualité?


Salomon a passé un temps considérable à réfléchir sur réalité et le but de la vie ce qui l'a conduit à écrire ses réflexions dans un livre qu'on appelle l'Ecclésiaste.
Le mot "Ecclésiaste" vient de l'hébreux: "Kohéleth" qui a pour signification prédicateur ou celui qui parle dans une assemblée, dans une église.
La racine de ce mot hébreux est: "Qahal" qui veut dire s’assembler, rassembler, convoquer, se réunir, se former, s’attrouper.
Le "Kohéleth" est donc celui qui cherche à rassembler, unir au travers de son discours, du message qu'il veut faire passer.

Pour Salomon le message fut clair. Le seul moyen d'unir les hommes entre eux fut de les amener à réaliser la vanité de leur vie.
Ce n'est pas en se mettant en compétition dans le but d'être meilleur que l'autre que l'on obtient l'unité mais en conduisant chacun à la réalité de ce qu'il est.

Au Psaumes 39/6, David dit: "Voici, tu as donné à mes jours la largeur de la main, Et ma vie est comme un rien devant toi. Oui, tout homme debout n’est qu’un souffle."

La réalisation de ce que l'on est n'a pas lieu lorsque l'on se compare aux autres mais uniquement lorsque l'on se tient devant Dieu.
Et devant Dieu l'homme n'est qu'un souffle!

Illustration: 
Dans le Talmud, il est écrit qu'un jour l’empereur romain Hadrien s’entretenait avec le rabbin Aquilas.
Sur quoi se tient le monde ? demanda l’empereur.
Sur le souffle, répliqua le rabbin. L’empereur parut perplexe.
Fais venir un chameau, dit Aquilas ; ce qui fut fait.
Aquilas mit un chargement sur l’animal, puis lui dit : Lève-toi. Le chameau se leva.Couche-toi. Le chameau se mit à genoux.
Puis, Aquilas lui mit une corde au cou et dit à l’empereur de tirer de son côté, tandis qu’Aquilas tira du sien. Le chameau mourut, étranglé.
Dis-lui de se lever, fit Aquilas à Hadrien.Mais il est mort, dit l’empereur.
Que lui manque-t-il ? demanda Aquilas, un membre ?
Non, dit l’empereur, il lui manque le souffle.Alors, dit Aquilas, c’était le souffle qui supportait le chargement. Et tu ne crois pasque le souffle du Roi des rois peut supporter le monde ?

Sans le souffle que sommes-nous?
Ne voir l'homme que comme un sac vide qui ne tient que lorsqu'il est rempli d'air peut être réducteur mais a au moins le mérite de nous pousser à l'humilité.

Dans le livre de la Genèse 2/7 il est écrit:" L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante."
Le souffle de Dieu a donné la vie à un agglomérat de terre, de poussière.

Avoir de l'orgueil est donc d'une incohérence totale!
1 Corinthiens 4/7: "Car qui est-ce qui te distingue? Qu’as-tu que tu n’aies reçu? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu?"

Seul le péché peut nous amener à croire, au travers du père du mensonge, que nous avons une valeur en dehors de Dieu.
La satisfaction dans la vie ne se trouve ni dans l'acquisition de biens matériels, ni dans la réalisation professionnelle, ni dans la réussite sentimentale et familiale même si toutes ses choses sont importantes.
La satisfaction vient dans notre cœur uniquement lorsque nous réalisons que nous ne sommes rien et que malgré tout nous devons tout à Dieu.

N'est-ce pas dans cet état de pensées que surgissent toutes les valeurs que l'on attend de voir dans la vie de chaque chrétien?
C'est néanmoins au travers d'une telle façon de voir que le Saint-Esprit trouvera la place nécessaire dans nos vies pour commencer à porter du fruit.


Illustration:
Comment ne pas être touché par ces paroles poignantes de Jacques Brel, souffrance de quelqu’un qui n’arrive pas à faire le saut de la foi, et qui pourtant soupire après la vérité. Car ce qu’il voit dans les églises est, pour lui, la démonstration que la foi est un leurre.
Comme disent certains, il serait si facile de croire en l’Evangile, s’il n’y avait pas les chrétiens… Objection qu’on ne peut balayer comme cela, ce serait trop facile.
Si c’est vrai qu’il est né « vraiment à Bethlehem, dans une étable », si c’est vrai l’histoire de la crèche…
Pourquoi y a-t-il des sans-abri près de chez moi ?
Pourquoi ma porte reste-t-elle fermée à l’étranger ?
Pourquoi est-ce que je me replie si vite sur mon petit confort tranquille ?

Si c’est vrai l’adoration des mages, si c’est vrai que Jésus est vraiment Fils de Dieu, Dieu venu habiter parmi les hommes…
Pourquoi est-il si souvent relégué en deuxième place dans ma vie ?

Si c’est vrai « le coup des noces de Cana », si c’est vrai que tout devient possible, l’eau changée en vin…
Pourquoi ai-je si peu de foi, si peu de confiance dans la puissance de Dieu ?

Si c’est vrai que Dieu est vraiment mon Père, que je peux lui parler comme un enfant, libre et confiant,
Pourquoi mon comportement est-il si souvent celui d’un orphelin rongé par ses soucis, ses craintes et ses peines, sans personne à qui les confier ?

Si c’est vrai ce qu’ils ont écrit « Luc, Matthieu et les deux autres », Si c’est vrai cette bonne nouvelle…
Alors pourquoi, oui dites-moi pourquoi je ne la vis pas.
Pourquoi je préfère mon cœur de pierre dur et fermé, plutôt que le laisser transformer en cœur de chair ?
Pourquoi je préfère montrer du doigt celui qui tombe plutôt que le secourir? Pourquoi je préfère me lamenter sur mon sort plutôt que décharger mon fardeau aux pieds de celui qui m’offre son repos ?
Pourquoi je préfère mes rancunes plutôt que l’amour qui ne soupçonne pas le mal ? Pourquoi..?
Si on le vivait vraiment, vous et moi…alors, lui, il croirait…

L'essentiel n'est pas dans la confession d'appartenance à telle ou telle association, organisation mais dans la pratique de la vérité en laquelle on croit.
Qu'est-ce qui peut rendre plus malheureuse une personne que de croire en quelque chose sans jamais en faire l'expérience!
Vivre à l'opposé de ce que l'on professe, que l'on confesse n'est-ce pas cela la véritable hypocrisie?
Conscient malgré tout que nous sommes tous en devenir, il faut impérativement parvenir à éradiquer cette nature charnelle, il en est de notre bien-être!

Le "Kohéleth" toujours soucieux d'unir et de rassembler dira qu'il vaut certainement mieux être patient dans son esprit, que d’être orgueilleux et hâtif.
Il dira aussi de ne pas se laisser aller à la colère, de ne pas être prompt à être contrarié par un affront.
De ne pas être longtemps fâché.
Car, comme le dit l'Ecclésiaste: Ne te hâte pas en ton esprit de t’irriter, car l’irritation repose dans le sein des insensés.

Quand aux nostalgiques du temps passé se cherchant ainsi des raisons et des excuses à leurs attitudes par rapport au climat actuel, aux circonstances de ce monde moderne, l'Ecclésiaste dit clairement que c’est de la folie que de pleurer sur la mauvaise qualité de notre époque, alors que nous avons bien plus de raisons de pleurer sur la mauvaise qualité de nos propres cœurs.

Nous savons par témoignages ou par expériences que même dans les temps difficiles nous profitons de beaucoup de miséricordes.

C’est donc de la folie que de regretter la bonté des temps anciens; comme si ces temps anciens n’avaient pas les mêmes sujets de se plaindre que nous pouvons avoir.

La satisfaction qui rend chacun heureux et qui aplanit le terrain des relations n'est que le résultat d'une recherche et d'une volonté de vivre dans la sagesse que Dieu nous a laissée au travers de sa parole. Cette sagesse révélée nous enseigne pour que nous parvenions à connaître à la fois les hommes et Dieu.


Ecclésiaste 7/11 & 12: "La sagesse vaut autant qu’un héritage, et même plus pour ceux qui voient le soleil. Car à l’ombre de la sagesse on est abrité comme à l’ombre de l’argent; mais un avantage de la science, c’est que la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent."

Attention l'exercice se complique car deux sagesses ont court dans ce monde.
Et c'est l'apôtre Jacques 3/13 à 17 qui nous en donne les définitions:
"Lequel d’entre vous est sage et intelligent?
Qu’il montre ses œuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse. Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n’est point celle qui vient d’en haut; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. Car là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions.
La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie"


Tout se résume à une question de choix mais n'oubliez jamais que l'on récolte toujours les conséquences de nos choix.