mardi 29 décembre 2015

DEVENIR UN VAINQUEUR


1 Corinthiens 15.57 "Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ !"

Introduction 
Dans ce verset de la première épître de Paul aux Corinthiens, nous trouvons cette affirmation que Dieu nous donne la victoire en Jésus-Christ.

Des questions se posent évidement à nous:

  • Devons-nous interpréter ce texte comme une garantie de victoire en chaque domaine de notre vie...?
  • Les chrétiens sont-ils assurément des "winners" pour lesquels la victoire est le quotidien...?
  • La vie chrétienne est-elle un chemin auréolé de victoires sur lequel nous marchons ignorant totalement ce qu'est l'échec, la défaite...?   


Il faut recontextualiser le verset pour comprendre le sens dans lequel l'apôtre Paul l'a utilisé...

1 Corinthiens 15.56-58 "O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, c’est le péché ; et la puissance du péché, c’est la loi. Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur."


Une fois le verset remis dans son contexte, nous découvrons que la victoire dont il est question dans ce passage est celle qui nous permet d'être vainqueurs sur la mort.

Comme le mentionne Paul dans 1 Corinthiens 15.26 "Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort."  Ainsi, lorsque Paul proclame cette grande vérité biblique, il nous assure non pas une vie de réussite dans tous les domaines qui nous concernent mais il nous enseigne que nous sommes les bénéficiaires de la victoire de Christ que nous recevons par procuration et qui nous assure la vie de résurrection.

Assurément, la mort personnifiée fut le dernier ennemi du Christ. En triomphant d'elle à la croix et par la puissance de la résurrection l'adversaire qu'est le diable fut désarmé et rendu impuissant dans la vie de ceux que Christ rachète.
Ainsi, en nous accordant cette victoire, Christ anéantit la puissance de la servitude et notre adversaire ne peut plus utiliser notre crainte de la mort comme moyen de pression nous conduisant à faire des mauvais choix moraux à cause de notre instinct de conservation.    

Hébreux 2.14-15 "Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable; ainsi il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude."

Cette recontextualisation de 1 Corinthiens 15.57 nous permet de ne pas vivre dans l'illusion d'une vie chrétienne synonyme de réussites permanentes comme l'enseignent trop souvent les prédicateurs de la théologie de la prospérité ou ceux du développement personnel.    

Aussi, pensez-vous peut-être à ce verset de 2 Corinthiens 2.14 "Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l’odeur de sa connaissance !"

Avec ce verset, vous me direz sans doute:
"mais Pasteur n'y-a-t-il pas ici la garantie biblique de vivre toujours la victoire en tout et pour tout...?"

C'est encore méconnaître le contexte de ce passage et le sens profond qu'il enseigne que de s'approprier un tel sens et c'est mettre en oublie un peu trop facilement l'ensemble des passages bibliques dans lesquels nous découvrons évidemment des victoires, mais pas nécessairement d'une façon systématique....!

Oublierions-nous, pour ne citer que ces exemples, l'échec d'Abraham parti en Egypte et mentant au sujet de sa femme, de Jacob usurpant le droit d'aînesse de son frère Esaü, de Moïse tuant l'égyptien, de David couchant avec Bath-Schéba et des apôtres ne parvenant pas à chasser le démon de l'enfant lunatique...?

De toutes évidences les échecs ne sont pas une fatalité mais ils témoignent de notre nature humaine faillible, faible et pécheresse.
Cependant, il convient de rappeler que les échecs ne font pas de nous un échec et qu'en Christ, et seulement en lui, la finalité de notre vie peut assurément être une réussite par le salut qu'il nous offre.        
   
Ainsi, lorsque Paul annonce que Dieu nous fait toujours triompher en Christ, les commentateurs s'accordent pour dire qu'il fait ici référence à la marche d'un conquérant romain à laquelle ses prisonniers étaient obligés de se joindre.
En Christ, Dieu le vainqueur a eu raison de ses ennemis et Paul l'esclave du Christ, avait maintenant joint les rangs dans la marche de Christ!
Paul, qui fut "pris en captivité" par Christ (Philémon 23 "Epaphras, mon compagnon de captivité en Jésus-Christ"), avait maintenant la victoire.

Ce triomphe dans la défaite de l'esclave libre représente un véritable paradoxe que chaque chrétien porte en lui. 
Cette victoire que Christ a remportée, il nous l'accorde aussi par procuration afin de nous faire partager sa gloire.
Forts de cette interprétation des passages bibliques, il est difficile de parader comme les héros de nos propres victoires alors que nous ne sommes que ceux et celles qui ne ramassent le butin après la bataille.  

Non la vie chrétienne n'est pas une garantie de victoire en chaque domaine de notre vie et nous ne marcherons pas toujours dans la réussite à l'image de ce que certains peuvent s'en faire.
Oui, nous pouvons réellement échouer dans de nombreux domaines (études, mariages, travail, ministère, etc... et beaucoup pourraient témoigner de cette réalité..!), nous pouvons passer à côté de belles opportunités de vie et être qualifié de véritables loosers (perdants).

Mais devenir un vainqueur selon la Bible revêt quelque chose de bien plus profond, de bien plus significatif et de bien plus durable que toutes les victoires que le monde pourrait nous accorder.  

Le premier livre de la Bible, le livre de la Genèse commence par le récit au chapitre 3 de la chute de l'homme Adam. C'est bien triste de commencer un livre par un échec!!!

Mais le dernier livre de la Bible l'Apocalypse commence en parlant de la victoire, n'est-ce pas significatif ?!


  • Apocalypse 2.7 "Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises : A celui qui vaincra je donnerai à manger de l’arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu."
  • Apocalypse 2.11 "Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises: Celui qui vaincra n’aura pas à souffrir la seconde mort."
  • Apocalypse 2.17  "Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises : A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit."
  • Apocalypse 2.26 "A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations."
  • Apocalypse 3.5 "Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs ; je n’effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges."
  • Apocalypse 3.12 "Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus ; j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau."
  • Apocalypse 3.21 "Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône."

Ces paroles se trouvent à la fin de chacune des sept lettres de l'Apocalypse, et nous pouvons y distinguer une triple signification: un avertissement, un encouragement et une promesse.


1. Un avertissement. 
A chacune des sept églises la même expression "à celui qui vaincra" est prononcée.
Elle est comme un leitmotiv pour attirer notre attention et nous laisser entrevoir le caractère important de ces passages. Cette expression "à celui qui vaincra" est comme des coups de marteau divin sensés enfoncer dans l'âme du lecteur des certitudes fortes et salutaires.

Elle est comme un avertissement lancé à nos consciences et qui appelle à un véritable un positionnement de nos vies en rapport avec la victoire que Christ nous a accordé.

Allons-nous répandre en tout lieu l’odeur de la connaissance du Christ, le parfum de la victoire...?

Par l'expression "celui qui vaincra", il n'est pas seulement fait allusion à une victoire sur le péché et sur le monde en général. Il ne s'agit pas essentiellement de mettre en relief le contraste avec notre vie mondaine d'autrefois, puisque ces paroles sont adressées aux Eglises de Dieu.

Ces paroles concernent les membres de ces assemblées, individuellement, et signifient : celui qui vaincra la paresse, l'indifférence, les déviations, les reculs dans l'assemblée ; celui qui persévérera là ou d'autres achoppent et s'arrêtent ; celui qui demeurera dans la volonté divine et se hâtera vers le but divin, malgré tous les abandons de son entourage ; celui qui ne retournera pas en arrière comme Orpa qui quitta Naomi sachant les difficultés qui l'attendaient en Israël tandis que Ruth, resta inébranlable même au péril de sa vie (Ruth 1.6-14), celui-là ou celle-là vaincra.

Si la victoire est souvent l'image de combats à gagner, elle est aussi parfois l'image de position à tenir...! 

Le mot vaincra du grec " nikao" signifie conquérir, remporter la victoire, ressortir victorieux.
Mais il donne aussi l'idée de s’accrocher à sa foi, même jusqu'à la mort contre la puissance de l'ennemi, des tentations et des persécutions.
Jean 5.4  "parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi."

Rappelons-nous que l'assemblée à laquelle nous appartenons est, après notre famille, le premier cercle et le plus étroit où nous sommes appelés à être des vainqueurs.
Elle n'est autre, elle aussi, qu'une famille en un sens plus large du terme.

Or ce fut au sein de la famille, entre mari et femme, qu'eût lieu la première défaite, la première chute  et c'est donc là aussi que la victoire doit d'abord s'établir, c'est là que ceux qui aspirent à être vainqueurs sont éduqués et formés.

Votre famille est-elle votre terrain de victoire ou votre terrain de défaites...? 

Beaucoup délaissent le terrain familial par désespoir de parvenir à faire changer les choses. D'autres y livrent des combats charnels et destructeurs.

Pourquoi ne pas établir la victoire du Christ dans votre famille...? 
Pourquoi ne pas y proclamer la victoire de la croix 
et y faire descendre la puissance de la résurrection...? 

Tel enfant de Dieu quitte le cercle de la famille parce que les devoirs et les difficultés qu'il y rencontre sont trop nombreux et lui paraissent trop communs et sans valeur, pour partir en mission et combattre dans les rangs de ceux qu'ils jugent être les vrais vainqueurs.

D'autres quittent leur assemblée pour se joindre à une autre, pensant pouvoir y devenir plus promptement des vainqueurs. Mais ce n'est pas ainsi qu'on le devient !

Le Seigneur ne nous fait pas sortir de là où nous sommes pour faire de nous des vainqueurs, mais il nous exhorte à être vainqueurs là où nous nous trouvons.

Sentez-vous la différence entre les deux...? 

Ce n'est qu'après avoir porté la victoire dans le cercle étroit de la famille et de l'assemblée que nous pourrons être introduits par le Seigneur dans des cercles plus vastes.
Tel veut être un témoin avant d'avoir été un témoignage.

Mais le plan de Dieu pour se former des témoins est : témoignage d'abord et témoin ensuite.
Dans ce domaine, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation: la spiritualité réclame du temps.


2. Un encouragement. 
Certainement cette expression répétée "à celui qui vaincra" ne signifie pas seulement surmonter les obstacles par lesquels d'autres se sont laissés arrêter dans l'assemblée, mais encore quelque chose de plus.

Le Seigneur, en effet, adresse cette invitation même aux Eglises pour lesquelles il n'a point de reproches mais seulement des louanges et des encouragements.
"Celui qui vaincra" doit, ici, signifier aussi : celui qui va de l'avant, marche selon l'Esprit et se presse vers le but à travers tous les obstacles.

Si même nous sommes momentanément tels que le Seigneur ne trouve rien à blâmer en nous et qu'il n'ait pas à se tenir devant nous comme celui qui châtie et qui corrige, il est toujours là, cependant, qui nous fait signe de nous hâter vers le but et nous appelle à le suivre.
Car jusqu'à présent nous n'avons pas encore atteint le but suprême dans aucun domaine.

Ce qui est écrit des vainqueurs par le fait qu'ils ont vaincu Satan, n'est sans doute pas encore accompli en nous tel que Jean l'écrit dans Apocalypse 12.11 "Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort."

L'homme fut créé et placé dans le paradis pour être vainqueur de Satan et pour chasser le mal qui, déjà avant la chute, existait sur la terre. Il devait être le rival de Satan ; mais, au lieu de cela, il est tombé sous sa domination, jusqu'à la venue de Christ, qui nous a délivrés de l'empire des ténèbres et de la puissance du diable et qui, par la vertu de son sang, nous a établis rois et sacrificateurs, pour régner à nouveau sur la terre.

La Bible prophétise qu'il doit arriver un moment où ceux qui marchent dans la victoire du Christ, par la puissance du sang de l'Agneau, chasseront l'ennemi des positions qu'il a tenues jusqu'à présent.
Quelle gloire de pouvoir retrouver en Christ et par Christ tout ce qui a été perdu.

Quelle espérance se trouve dans la victoire du rétablissement de toutes choses...!


3. Une promesse. 
En s'adressant à "celui qui vaincra", le Seigneur veut créer en nous une nouvelle disposition à recevoir de plus grandes bénédictions.

Désirez-vous recevoir de grandes bénédictions...?

Il dit : "A celui qui vaincra, je donnerai..., je ferai de lui..., je le revêtirai..., je le ferai asseoir..."

Toute victoire remportée crée en nous une disposition, nous amène sur un terrain où nous pouvons recevoir de nouvelles et plus grandes bénédictions.
Ces bénédictions ne sont que les fruits de la victoire du Christ, le butin du notre héros vainqueur, de notre Roi et sauveur.

Christ fera une "colonne dans le temple de son Dieu" de quiconque aura fait preuve de patience et de persévérance dans les moindres choses du temps présent.

Ici s'applique ce principe "grâce pour grâce" que l'on retrouve écrit dans Jean 1.16 "Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce" c'est-à-dire que nous recevons une grâce et en vivons, puis nous la rendons en quelque sorte à Dieu et recevons en échange une grâce encore plus grande et plus profonde. Il y a ici l'idée d'une succession non interrompue de grâces qui émanent de l’inépuisable plénitude de la Parole faite chair. Et il faut qu'il en soit ainsi.

Nous ne saurions rester des enfants, mais nous devons devenir des vainqueurs, car l'Apocalypse, le dernier livre de la Bible, ne nous appelle plus "enfants" mais "vainqueurs".

1 Jean 2:13  "Je vous écris, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin. Je vous ai écrit, petits-enfants, parce que vous avez connu le Père."

Les notions de vainqueur au sens biblique et de vainqueur au sens commun du monde sont différentes.
Nous sommes des vainqueurs non par les réussites que notre vie peut engranger ou collectionner selon les critères que le monde définit mais selon ceux que Dieu a préparés pour nous.

Ainsi le vainqueur que Dieu désire c’est celui qui au travers des circonstances du chemin sur lequel il marche chaque jour, quelque difficiles qu’elles puissent être, maintient la vérité de Dieu, cette vérité la morale aussi bien que doctrinale et qui est prêt à affronter et surmonter la souffrance pour tenir ferme jusqu'au bout.

Le vainqueur est donc celui qui est le plus stable et pas celui qui s'agite de tous côtés et qui panique au moindre vent contraire.
Ainsi le vainqueur en Christ dans l'éternité sera comme une colonne dans le temple de Dieu et il n’en sortira plus écrira l'Apôtre Jean.

Quelle plus belle image de stabilité pourrions-nous souhaiter? 

Vous l'avez compris nul croyant ne naît à l’état de vainqueur.
Seule la nouvelle naissance nous introduit dans la victoire du Christ et si nous recevons cette victoire du Christ dans notre vie, il est important que nous puissions la conserver chaque jour et la faire grandir.

Mais pouvons-nous penser un seul instant que la conservation de la victoire se fera sans une réelle préparation et sans un véritable entrainement ? 

Attendre le jour du combat et entrer dans la lutte sans préparation aucune, c’est aller au-devant d’une défaite certaine. Si trop souvent nous allons de défaite en défaite alors que nous devrions marcher de victoire en victoire, c’est bien parce que nous sommes mal, ou pas du tout préparés, moralement et spirituellement, à livrer les combats auxquels nous sommes appelés.

Que Dieu nous réveille et que sa Parole demeure en nous, nous serons alors forts de sa force et prêts à lutter et à vaincre en maintenant la victoire du Christ en nous tout en l'accroissant autour de nous.

1 Jean 2.14 "Je vous ai écrit, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin."

Que notre oreille soit toujours ouverte pour "écouter ce que l’Esprit dit aux Eglises"  ainsi nous saurons alors quels sont les combats qu’il faut mener.

Que la pensée de la récompense promise au vainqueur, qu’elle soit actuelle ou future, reste pour nous un précieux encouragement car cette récompense est toujours liée à Christ : c’est quelque chose reçu de lui, impliquant association et communion avec lui et c’est parfois davantage encore: Christ lui-même !

Apocalypse 21.7  "Celui qui vaincra héritera ces choses ; je serai son Dieu, et il sera mon fils."